Category: Témoignage

Interview avec les militaires « anti-vax » : « Je suis un soldat et mon pays ne veut plus de moi car je refuse le vaccin »

par Dominique Delawarde.

La grande muette trouvera toujours, désormais, le moyen de s’exprimer.

Sélectionnés sur plusieurs centaines, voici 8 témoignages de militaires français des trois armées et de tous grades sur l’obligation vaccinale. Ayant recueilli moi-même des témoignages du même genre auprès de camarades en service actif, je ne doute pas un instant de leur authenticité.

On réalise que l’obligation vaccinale divise plus profondément les Armées qu’on pouvait le penser.

Cette division n’est pas une bonne chose dans des Armées qui peinaient déjà à recruter et qui ont été considérablement affaiblies par trois décennies de réductions de ses effectifs et de ses moyens.

À chacun, bien sûr, de se faire son idée sur la question.

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Introduction

Ces histoires vont peut-être vous choquer, vous énerver ou vous attrister, en tout cas elles ne vous laisseront sans doute pas indifférent. Ces histoires, ce sont celles de huit français, des militaires honorables et patriotes, qui se sont trouvés face à un choix cornélien qui remet en cause leur engagement : la vaccination COVID-19. Ces hommes et femmes, forgés dans le moule du devoir et de l’obéissance, mais à qui leur carrière a aussi appris l’honneur et le discernement, se trouvent aujourd’hui dans une situation extrêmement compliquée. Certains subissent des pressions, d’autres ont été renvoyés, d’autres se voient menacés par leurs chefs, d’autres doivent se livrer à des activités illégales pour pouvoir continuer à servir leur pays.

En effet, depuis l’été 2021, une série de mesures du gouvernement français a imposé la vaccination obligatoire contre le COVID-19 à un certain nombre de professions, dont les militaires. Si la vaccination contre le COVID a soulevé de profonds débats dans la société civile, très peu de gens sont allés interroger les militaires pour savoir comment est perçu ce sujet dans l’armée.

Pourquoi ce silence ? Que l’Armée ne communique pas sur ce sujet est tout à fait normal. Mais que font les journalistes ? La presse française a-t-elle peur de l’effet que pourraient avoir ces témoignages sur le public ? Effectivement, la population française pourrait commencer à se poser des questions si il apparaissait que beaucoup de militaires, du soldat au général, sont très méfiants sur le sujet de la vaccination COVID.

Gallia Daily a la chance d’avoir des liens privilégiés avec l’institution militaire, avec les militaires eux-mêmes. Nous sommes heureux aujourd’hui de pouvoir donner la parole à certains d’entre eux, afin qu’ils témoignent de ce qu’ils voient, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils observent et de ce qu’ils pensent de tout cela.

« Vous mettez en danger la stabilité de l’armée et du pays avec cet article ! »

Voila ce que certains vont nous reprocher. Nous leur répondrons que, si notre armée tremble parce qu’un petit caporal-chef donne son avis sur un sujet de société, c’est probablement qu’il y a un mal beaucoup plus profond qui menace notre pays, et qu’il y a donc un certain nombre de problèmes plus urgents que d’attaquer un petit média indépendant comme le nôtre.

L’Armée Française a toujours été grande, le mensonge ne préservera pas cette grandeur, il va la ternir. La tragédie c’est qu’aujourd’hui notre armée soit forcée de s’enfoncer dans une spirale de dissimulation pour conforter la politique et les éléments de langage du gouvernement, un gouvernement qui affirme à tue-tête que la vaccination remporte l’adhésion de la masse, et en premier lieu des citoyens respectables que sont les militaires.

La situation est beaucoup plus complexe et nuancée. La situation est bien moins apaisée que ne le laisse penser ce silence ordonné et coordonné. Notre article a pour vocation de donner la parole à certaines de ces personnes. Quand nous avons commencé à tirer sur le fil, nous avons reçu des centaines de retours de militaires désireux de parler de ce sujet et d’en témoigner. Plus surprenant encore, nous avons reçu des centaines et des centaines de messages de femmes de militaires qui témoignent pour leur mari. Et même des messages d’enfants (le plus jeune a 13 ans!) qui souhaitent parler de ce qui se passe pour leur papa… Nous avons décidé de sélectionner huit témoignages, du simple soldat au général, du commando au marin, en passant par le médecin et la femme de militaire.

Nous nous excusons d’avance d’avoir dû faire cette sélection difficile, mais nous espérons que notre choix permettra de rendre justice, dans l’ensemble, à tous les éléments que pouvaient évoquer ces témoignages. Par ailleurs, la plupart des témoignages reçus ou des interviews que nous avons menées étaient très denses. Nous nous excusons donc d’avoir dû modifier certains passages du texte final, pour en simplifier la lecture, ajouter du contexte ou protéger les sources. Les huit témoins ont évidemment relu et validé leur témoignage avant publication définitive.

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Adjudant-chef Fred, régiment d’infanterie

Mon Adjudant-Chef, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Adjudant-Chef dans un régiment d’infanterie, ADU en compagnie de combat. Je me suis engagé dans l’Armée de Terre à 17 ans et demi et j’ai participé à 11 opérations extérieures. J’ai été blessé deux fois dont une assez gravement. Je suis marié et père de trois enfants.

Êtes-vous engagé politiquement ? Est-ce que vous vous reconnaissez dans le terme « Anti-vax » ?

Je n’ai jamais fait de politique, je vote blanc ou je ne vote pas. Je ne fais toujours pas de politique, je n’ai jamais compris cet empressement à vouloir absolument jouer à un jeu truqué…

Par ailleurs non, je ne suis pas anti-vaccins : tout au long de ma carrière j’ai dû recevoir une bonne trentaine de vaccins pour pouvoir partir dans les pires coins du globe. Cela avait un sens, et je ne regrette pas : j’ai déjà vu un jeune en Afrique mourir du paludisme en quelques heures ou des bébés avoir des séquelles à vie à cause de la dengue. Il y a des maladies qui méritent qu’on les combattent. Et d’autres beaucoup moins, comme le COVID.

Comment a commencé cette position de doute, que certains qualifieront de « complotiste » ?

Au début du COVID, comme la plupart des gens normalement constitués, j’ai activé mon cerveau reptilien et j’étais sur la défensive face à une menace que l’on n’avait encore assez peu cernée. Je crois qu’à ce moment là j’aurais pris le vaccin sans trop hésiter. Mais ce moment là est vite passé, le sang froid est vite revenu. Dès le premier confinement j’ai commencé à comprendre qu’il y avait « autre chose » derrière tout cela. Que ce n’était pas seulement médical, mais qu’il y avait un agenda politique, qui était enclenché avec pour prétexte le combat sanitaire. De même que depuis plusieurs années on voit un agenda politique très clair être appliqué avec le prétexte fallacieux de sauver les arbres ou les pandas… La réponse du gouvernement français à la crise a donc éveillé ma suspicion. Cela s’est confirmé quand on a commencé à voir les premiers chiffres sortir sur la mortalité du COVID, ridiculement basse, en tout cas pas suffisamment haute pour justifier l’immense cirque dans lequel s’est enfoncé le monde.

Vous n’êtes donc pas vacciné ?

Je ne suis pas vacciné contre le COVID-19. Et il n’y a absolument aucune chance que je prenne ce vaccin. Le gouvernement est allé bien trop loin dans la folie pour que je leur accorde le moindre crédit ou le moindre sérieux quand ceux-ci prétendent vouloir veiller à ma santé. Vous remarquerez que c’est cocasse, le Président, celui qui m’a envoyé onze fois risquer ma vie à l’étranger prétend aujourd’hui tenir à ma santé. Quelle bouffonnerie. Je rajouterai aussi que je n’ai jamais eu besoin des politiciens pour prendre soin de moi, je suis capable de veiller seul à ma santé et celle de ma famille. On appelait ça être un homme, avant.

Concrètement, quelles conséquences cela a par rapport à votre engagement militaire ?

Concrètement je ne suis plus militaire. Ils m’ont poussé vers la porte. J’ai eu le droit à des rendez-vous interminables devant mon chef de corps, devant des généraux et des torche-culs du Ministère, venus de Paris m’expliquer que je suis un « mauvais sous-officier et un mauvais exemple pour mes hommes », je cite… J’ai même eu le droit à un rendez-vous avec un psychologue et un psychiatre, qui devaient évaluer ma « capacité à servir » ou « détecter des signes de paranoïa ou de radicalisation ». J’ai répondu, que si j’étais P4 [inapte psychologique], ils auraient dû s’en rendre compte pendant mes 30 ans de service…

J’ai eu le droit au discours faussement compatissant du psychiatre, qui m’a expliqué que j’avais « le droit d’être méfiant envers les médecins » comme j’avais été blessé, que je souffrais peut être de PTSD. Je lui ai simplement répondu que le problème ce n’est pas les médecins, mais le fait de m’injecter une thérapie génique dans le sang, de force. Cet imbécile à oser me répondre « Avec votre âge, votre forme physique, vous faites partie des populations à risque »… En réponse, je l’ai défié à un concours de tractions et un test cardio Cooper, en lui rappelant que si 11 OPEX ne m’avaient pas foutu au sol, ce n’est pas une grippe qui allait le faire

Bon en d’autres termes j’ai été peu conciliant avec les demandes de mes chefs. Mais il faut dire que leurs demandes, même si elles étaient formulées avec la politesse des faux-culs, revenaient en fait à me dire « ferme ta gueule, vaccine toi, sinon on te dégage ». Un adjudant-chef ne ferme pas sa gueule, donc je me suis fait dégager, soit disant parce que mon « profil psychologique montre des incohérences ».

Le dernier coup de poignard est venu de mon chef de corps, qui a pris soin de faire circuler une rumeur selon laquelle, en gros, j’avais déraillé. Pour faire croire qu’ils m’avaient viré pour ce motif psychologique, alors qu’ils m’ont évidemment viré à cause du vaccin, sans l’avouer, pour éviter que cela fasse tâche je suppose. En tout cas ils ont réussi le tour de force de me virer à cause du vaccin, avant même que la vaccination ne soit obligatoire officiellement.

Au sein de votre régiment et de vos connaissances, vous étiez le seul dans cette position ?

Non seulement je n’étais pas seul, mais en plus nous sommes sacrément nombreux. Avant que la vaccination ne soit obligatoire, je crois que nous étions bien une grosse moitié de sceptiques au régiment, l’autre moitié étant purement indifférente.

Au sein de ma compagnie, mon CDU [le capitaine] avait la même position que moi. Il m’a dit un jour :

« Fred, si jamais je meurs et que ces enflures vaccinent mes gosses à l’école, tu me promets que tu prends un HK à l’armurerie et tu vas te faire la maîtresse, le toubib, la directrice de l’école, le préfet, le ministre de la Santé et le président ».

J’ai promis. Il m’a fait la même promesse. Elle tient toujours, et je dis ça sérieusement. L’autorité parentale c’est sacré, si ces imbéciles veulent jouer avec nos enfants, ils vont vite se rendre compte que tout le monde n’est pas très prompt à livrer ses progénitures à Chronos ou à se la jouer Simon de Trente. Je crois que c’est la position de la plupart des sous-off avec qui je peux parler, en tout cas tous ceux qui ont des enfants. Le fait d’avoir des enfants doit aider à se projeter, ça créait un enjeu de long terme.

Le fait que je me fasse virer a servi d’exemple malgré tout je crois. Certains collègues ont accepté de prendre le vaccin. Beaucoup ont posé des permissions et sont revenus « vaccinés » au régiment, avec des faux certificats. Mais au moins quatre camarades de ma compagnie, deux EVAT, un sergent et un jeune lieutenant sont malgré tout sur la sellette pour avoir refusé de se compromettre tout court. Je ne sais pas encore où en est leur parcours du combattant. Mais je n’ai qu’un conseil à leur donner s’ils me lisent : ne vous soumettez pas, de toute façon vous êtes déjà morts pour eux, même si vous cédez, vous n’aurez pas de carrière, vous êtes fichés comme étant des vilains petits canards, pour de bon.

Je ne suis pas très bon avec les chiffres et je ne peux pas sonder les corps et les sangs, mais des contacts que j’ai encore au sein de ma compagnie, je pense qu’il y a grosso modo au moins 50% de vaccinés, la plupart par contrainte, pas par conviction. Ensuite, environ 35% de faux vaccinés, qui ont trouvé un médecin complaisant ou qui ont fait falsifier leur dossier mili grâce à des proches. Et 15% de dissidents, soit qui résistent vraiment comme les quatre larrons dont je viens de parler, soit qui étaient sur la fin de leur contrat et qui ont préféré se barrer plutôt que de se vacciner. D’après ce que j’entends de mes amis, c’est globalement à peu près pareil partout, dans tous les régiments.

Et maintenant, pour vous quel est le plan ?

Je pars en 2022 m’installer en Croatie avec ma famille et la famille d’un autre collègue, lui aussi poussé à la porte. Pour nous, la France c’est terminé. C’est un crève cœur. Mais si ce pays ne veut pas de nous, même comme gilet pare-balle, on ne va pas imposer notre présence. Surtout, mes deux plus jeunes enfants sont au collège et à l’école primaire, il est hors de question que je leur impose de vivre dans un pays entouré de cinglés. La Croatie c’est bien et si ça ne va plus, on ira ailleurs. Et je vous le dis : j’espère qu’un maximum de mes collègues feront pareil. Votre valeur en tant qu’hommes et en tant que Français, ce n’est pas de vous soumettre pour faire carrière. Votre valeur c’est vos qualités humaines et professionnelles, votre capacité à protéger votre sang, votre famille. Il reste des pays en Europe où vous serez respectés et accueillis pour ça.

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Thierry : major CPA

Major, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis le Major Thierry, je sers dans l’Armée de l’Air depuis mes 19 ans. J’ai effectué la majorité de ma carrière en tant que fusiller de l’air, puis au sein du CPA 10 et du CPA 20 (forces spéciales de l’armée de l’air). Je suis parti une quinzaine de fois en mission. Je suis marié, père de famille, j’ai deux enfants et trois petits-enfants. Accessoirement, j’ai aussi 3 chevaux et 3 chiens, qui comptent sur moi.

Major, pouvez-vous nous dire si vous êtes vacciné, pourquoi, et ce que cela a comme effet sur votre carrière militaire ?

Je suis vacciné, j’ai décidé de le faire après une longue réflexion. Ma mère est hospitalisée, la structure privée où elle est me refusait la possibilité de la visiter… Au début, je m’en accommodais comme je pouvais grâce à mon frère, vacciné, qui me permettait de voir ma mère en appel vidéo. Mais j’ai vu la santé de ma mère décliner, l’isolement ne devant pas aider. Je me suis vacciné pour pouvoir lui rendre visite car je ne pouvais pas supporter de la voir mourir petit à petit sans pouvoir aller lui dire que je l’aimais. J’ai bien fait, elle est morte le lendemain de ma première visite, je crois sincèrement qu’elle attendait de me voir.

Je me suis donc vacciné par pure contrainte d’une certaine façon, sinon je ne l’aurais jamais fait. Ni ma femme, ni mes enfants ou petits enfants ne sont vaccinés.

En tant que sous-officier, mes cadres m’ont demandé de prendre en compte le statut de vaccination de mes gars. Ça devait être une formalité, en faisant circuler une fiche en interne. Mais pour avoir discuter avec mes gars à la popote ou au sport, je savais très bien que ça coincerait pour certains. J’ai donc pris le paris de voir tous mes gars en tête à tête, et j’ai discuté avec eux de la situation. Certains étaient déjà vaccinés, la plupart par contrainte, pour garder leur job. Pour eux je ne pouvais rien faire.

Mais il y avait aussi quelques gaulois réfractaires. Grosso modo environ 20 sur 80, qui n’étaient pas vaccinés et qui n’avaient pas du tout envie de le faire. J’ai proposé à tous de récupérer des faux certificats. Ce qu’ils ont tous fait. Deux d’entre eux ne pouvaient pas payer le faux, j’ai payé de ma poche. Il y a un seul gars, un sergent, qui refusait absolument de se faire vacciner ou même d’utiliser un faux. Je l’ai prévenu des risques qu’il prenait, il a accepté de quand même monter au carton.

Je l’ai défendu autant que je pouvais face à nos cadres. Il a eu le droit à la totale, C2, C1, Généraux, visites médicales à rallonge, tests anti-cannabis tous les deux jours, visite de la DRSD (le service de contre-espionnage de l’armée, qui donne les accréditations Secret-Défense ou vérifie la radicalisation des militaires). Il s’est pris un torrent sur la gueule. Ils ont aussi mis une pression hallucinante sur sa petite amie, qui occupe un poste administratif de civil de la défense, en lui expliquant qu’elle perdrait son poste si son copain ne cédait pas. Cela a évidemment fait éclater leur couple. Point assez surprenant, sur la route, il s’est fait contrôler par les gendarmes 7 fois en deux mois, alors qu’il ne s’était jamais fait contrôler de sa vie. Je soupçonne qu’ils cherchaient à lui coller une procédure dans le civil pour justifier son renvoi. Enfin, pour finir, ils ont intégré son groupe de combat à une autre section, partie en terrain à l’autre bout de la France, sans lui bien sûr. De façon à le laisser totalement isolé, sans ses camarades…

Il n’a pas cédé, je salue infiniment son courage. Aujourd’hui, il a été muté dans un service logistique, de « plieur de chaussettes » comme on dit, une tâche dégradante pour un militaire qui a été formé pour être commando. Cela est temporaire, je pense qu’il sera expulsé discrètement d’ici quelques semaines ou quelques mois maintenant que la vaccination est officiellement obligatoire…

J’ai dit clairement à mes cadres ce que je pensais du sort qu’ils réservaient à ce jeune chef. Cette façon de faire me dégoutte. J’aurais préféré qu’il soit viré directement, plutôt que d’assister à ces tractations visant à le briser. Cela m’a donné honte d’avoir servi ces colonels et ces généraux. En tant que chef, j’ai appris à être le bouclier de mes hommes, pas le marteau utilisé pour les abattre. Apparemment, en France et dans l’Armée, tout le monde ne partage pas cette vision du service…

La quasi totalité des militaires ne veulent pas se faire vacciner, c’est un fait. Certains l’ont fait par dépit, beaucoup ont fait des faux et quelques uns tiennent la ligne de front symboliquement. Je ne pouvais pas accepter de devenir le mirador de la politique sanitaire du gouvernement alors même que la totalité des hommes qui me font confiance s’opposent à cette politique, pour diverses raisons. Mon rôle de chef, c’est d’être le représentant de mes hommes auprès des officiers, pas d’être le représentant des officiers auprès de mes hommes. Je défie n’importe quel chef d’ aller au feu et de m’expliquer le contraire. Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de partir de l’armée et de prendre ma retraite, j’ai précisé très clairement à mes cadres que je le faisais en opposition à leur gestion de la politique sanitaire, ce qui m’a valu un bon nombre de soucis également.

C’est «facile» pour moi en tant que vieux sous-off d’avoir cette liberté. Mais je peux vous assurer que c’est quand même une sorte de déchirement de quitter la tête basse une institution que l’on a servi pleinement pendant 30 ans. En tant qu’homme je ne peux m’empêcher de penser que l’Institution est en train de trahir ce qu’elle est ; mais en tant que militaire je ne peux m’empêcher de penser que c’est moi qui est en train de trahir… Je crois que cela va me hanter pendant longtemps, car en réalité il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Je suis heureux d’avoir fait ce choix, même s’il était difficile. Et j’invite les jeunes sous-off des trois armées à écouter ce que j’ai à leur dire : vous êtes le bouclier de vos gars, leur berger, gardez ça à l’esprit, toujours. Vous avez la charge de leur vie au feu, mais aussi à l’arrière en temps de paix. Soutenez toujours leurs choix, même si parfois cela est difficile, usant ou destructeur pour vous.

Et maintenant, pour vous quel est le plan ?

Je vais déménager pour me rapprocher de mes deux enfants, qui habitent à la frontière suisse. Je me suis proposé pour faire l’école à la maison à mes deux petites filles. Cela risque de bien m’occuper, mais j’ai hâte. Ma femme va quitter son emploi actuelle et m’aider dans cette tâche aussi. Une page se tourne, c’est ainsi.

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Sous-Lieutenant Clément : ESM de Saint-Cyr

Mon Lieutenant, pouvez-vous vous présentez ?

Je suis le sous-lieutenant Clément, élève-officier au Premier Bataillon de France de Cyr. Je suis entré à Coet après une prépa au Vieux Bahut [Prytanée de La Flèche]. J’aspire à devenir officier depuis mon enfance, mon père étant sous-officier et mon grand-père ayant été lui même officier, monté par l’interne.

Pouvez-vous nous dire si vous êtes vacciné, pourquoi, et ce que cela a comme effet sur votre jeune carrière militaire ?

Je ne suis pas vacciné, comme un certain nombre de mes camarades. Nous avons fait des faux pour passer entre les mailles du filet avant septembre. Tout le monde n’a pas cette chance cependant. Certains camarades de l’ESM2 et l’ESM3 ont été pris au dépourvu : les cadres ont prévu une séance de vaccination collective au retour de terrains exigeants ou de stages d’aguerrissement, à des moments ou les bazars étaient peu aptes à résister.

Mais j’ai quand même quelques exemples de ptits co courageux qui résistent courageusement. Ils se prennent une pression pas possible de la part des cadres de l’école. Les cadres nous ont aussi demandé de leur mettre la pression de notre côté… On remarquera l’ironie du sort : ça fait vingt ans que l’État nous emmerde à cause des traditions et du bahutage, qui seraient soit disant du harcèlement… Mais aujourd’hui ils nous demandent directement à nous, les Anciens, de harceler légalement les bazars non-vaccinés ou de mettre la pression à nos camarades de promo.

Je pense que ces camarades vont de toute évidence se faire exclure ou pousser vers la sortie, leur carrière est de toute façon foutue. L’encadrement lui même s’assure de mettre les récalcitrants face au mur. En entretien, un de nos ptit-co a eu le droit à un long sermon, sur le fait que, refusant le vaccin, il était « pire qu’un terroriste » ou qu’un « combattant de Daech au Sahel ». Notre bazar, a eu la bonne idée de répondre, malicieusement mais avec justesse, que Daech ne pouvait pas être au Sahel, puisque Daech signifie « État islamique en Iraq et au Sham ». La remarque n’a probablement pas arrangé son cas. Mais on remarquera la perfidie d’une telle affirmation : il faut avoir beaucoup de culot pour oser dire à un jeune qui vient de passer trois ans en prépa et trois ans en école, dans l’espoir de servir son pays, qu’il ne vaut pas mieux que le dernier rat de l’État islamique. Visiblement, notre État ne fait absolument aucune différence entre ses officiers qui défilent le 14-Juillet sur les Champs Élysées, et les djihadistes qui roulent sur des enfants le 14-Juillet. C’est bon à savoir…

Je sais par ailleurs que la vaccination a posé problème avec plusieurs crocos, les élèves étrangers (souvent africains), qui refusaient aussi de se faire vacciner au départ… Certains ont été menacés d’être renvoyés chez eux en Afrique. Ici encore, on notera l’ironie de la situation, politiquement… Un gouvernement qui refuse d’expulser les criminels et terroristes étrangers, menace d’expulser des officiers africains hautement diplômés qui refusent de se vacciner…

Dernier point : je ne peux pas en témoigner directement car on n’appartient pas à la même promotion, mais apparemment les officiers sous contrat de l’EMAC ont été les plus menacés. Ils ne font que 1 an à Cyr au lieu de trois ans. Donc la plupart n’étaient pas vaccinés, et ont pu un peu passer entre les mailles du filet. La politique du gouvernement s’accentuant, ils ont finalement été obligés de se vacciner, ce que certains ont refusé bien sûr, ils sont donc sur la sellette, et tout le tralala. Beaucoup ont fait des faux, mais d’autres ont été vaccinés en masse directement par le SSA à l’école. Sauf qu’ils ont eut un mauvais timing : il y avait l’inauguration de l’EMAC par la Ministre Parly juste quelques jours après. Et certains officiers avaient des fortes fièvres après le vaccin, plusieurs ont fait des malaises. Les cadres de l’EMAC ont dit aux officiers qui si un seul d’entre eux tombait pendant la cérémonie avec la ministre, sa carrière serait détruite. À mon avis ils craignaient la mauvaise pub : avoir des officiers vaccinés qui tombent devant un membre du gouvernement c’est moyen. Si il est fréquent que des militaires tombent pendant des cérémonies, je crois que l’idée d’avoir d’un coup 10 personnes par terre leur faisait un peu peur. Fun fact : ça a été pareil pour le défilé du 14-Juillet, non seulement ils ont menacé les non-vaccinés de ne pas pouvoir y participer, mais en plus ils ont viré du défilé les officiers vaccinés qui avaient des effets secondaires graves…

Il y a probablement dans mon témoignages des imprécisions, des détails exagérés ou d’autres que j’ai oublié, cela mériterait que vous interrogiez directement d’autres camarades des autres promos. Je n’ai pas la prétention de parler pour les autres. Mais cela vous donne clairement un bon aperçu de la situation à Saint Cyr. Ce n’est pas la joie. Entre les parias, ceux que l’on prend par surprise, ceux que l’on menace, ceux qui sont harcelés ou poussés vers la sortie, ceux qui se vaccinent à contre cœur et ceux qui font des faux, ça fait un sacré paquet de mécontents. J’espère que nos dirigeants s’en rendent compte et qu’ils prennent cette variable au sérieux.

Et maintenant donc, que prévoyez-vous ?

Après mon passage en DA, je vais servir quelques années, histoire de rembourser ce que je dois à ce pays. Je suis passé entre les mailles du filet, donc je vais en profiter. Mais ensuite je me barre, définitivement. L’épisode COVID a totalement détruit mes derniers accents « patriotiques ». Pour être patriote, il faut une patrie. Je refuse de servir un appareil d’État dont le principal objectif est de vendre des doses d’un vaccin israélo-américains à des français en bonne santé. Qu’ils aillent se faire foutre. Je le dis en tant que fils et petit-fils de militaire. Je le dis en tant qu’ancien de Autun, en tant que Brution et en tant que Cyrard. Je le dis en tant qu’officier et en tant que militaire. Et je le dis en tant que citoyen. Qu’ils aillent se faire foutre.

On en parle beaucoup entre nous, je crois que le sentiment qui prédomine c’est exactement celui-là. Le ras le bol. Les 12 derniers mois ont fait l’effet d’un électrochoc chez beaucoup d’entre nous. Ceux qui se moquaient de ces sujets s’en moquent toujours. Mais ceux qui étaient sur le fil, qui avaient des doutes, sont aujourd’hui totalement passés de l’autre côté du miroir. Le turnover des officiers est déjà important, je crois qu’on va le voir exploser.

Je me projette peut être un peu, mais je ne sais pas comment l’État peut résoudre ce problème. Dans le secteur hospitalier je sais qu’ils vont faire appel à des travailleurs étrangers pour compenser les effectifs de non-vaccinés. Pour l’armée ça va être plus compliqué, mais à mon avis on va aller de plus en plus vers des contractuels, y compris étrangers, sans statut militaire, qui vont servir de de garde prétorienne à la République… Sympathique, je suis sûr que Napoléon, paix à son âme, serait fier de voir le sort qui est réservé à ses protégés par ses descendants…

En tout cas je n’ai qu’un truc à dire à ceux qui peuvent nous lire : si vous êtes militaires, EVAT par exemple, sachez qu’il y a une génération d’officier qui arrive et qui en a autant plein le cul que vous. Voilà. Si vous êtes civils, je ne sais pas quoi vous dire, si ce n’est qu’on a besoin de vous pour gueuler. Nous on ne peut rien faire. Pour l’instant. Alors c’est à vous de bouger. Mais faites le en sachant que vous n’êtes pas seuls, il y a beaucoup de policiers, de gendarmes, de pompiers et de militaires, qui sont d’accord avec vous, sur l’essentiel. Finalement c’est le message que je veux que tout le monde retienne : vous n’êtes pas seuls. Nous sommes majoritaires. De très loin. Des gens qui ont pris le vaccin par conviction, c’est une très petite minorité. Que nous soyons non-vaccinés, fraudeurs ou vaccinés par contrainte, c’est nous la masse, c’est nous la majorité. Même si on nous fait croire le contraire. Alors j’ai un truc à dire aux dirigeants : le mot de Cambronne [Merde !].

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Lieutenant de Vaisseau Marc, FUSCO

→ Capitaine, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Je suis le lieutenant de vaisseau Marc, j’ai passé l’intégralité de ma carrière chez les FUSCO. Depuis cinq ans je sers au sein des commando-marine. Je suis fiancé et je suis père d’un petite garçon. Je suis par ailleurs sportif de haut niveau dans le civil.

Pouvez-vous nous dire si vous êtes vacciné, pourquoi, et ce que cela a comme effet sur votre carrière militaire ?

Je ne suis pas vacciné, comme beaucoup de mes collègues. Pour passer sous les radars j’ai pu bénéficier de l’aide de la femme d’un camarade de l’École navale, qui travaille au SSA dans un hôpital militaire. En d’autres termes, j’ai un faux pass et un faux certificat de vaccination.

En tant qu’officier, j’ai encouragé tous mes hommes à faire de même. J’ai même eu l’assentiment officieux de deux de mes cadres pour agir de la sorte. Cela est bien sûr totalement illégal. Mais sur le papier, l’intégralité de mon commando est vacciné. Dans la réalité, je pense qu’on a au grand maximum 30% de « vrais vaccinés », en tout cas chez les commando-marine. Je parle un peu avec mes camarades des autres commandos ou de divers bâtiments, le schéma est à peu près le même. Il y a un certain nombre de gens qui se font vraiment vacciner, mais une grande partie qui a refusé ou qui fait des faux.

Je crois que globalement le fait que nous appartenions au COS [forces spéciales], nous permet d’avoir un peu moins la pression que les autres militaires ou que les autres professions. La priorité du commandement n’est pas de nous faire fuir. Pour former un jeune sur la filière CTLO, c’est 3 ans de formation et au moins 2 ans de déploiement pour arriver à un niveau de professionnalisation suffisant. Cela en plus de sa formation initiale. D’une certaine façon le rapport de force est en notre faveur donc, ils ne peuvent pas se permettre de nous virer, ils nous laissent globalement assez tranquilles. J’ai même l’exemple d’un officier-marinier qui a pu partir il y a quelques semaines en zone Sahel, sans être vacciné, ce qui est bien sûr totalement interdit. Les chefs ont fermé les yeux, du fait qu’il avait un rôle crucial et qu’il aurait été compliqué de le remplacer en dernière minute.

Je crois malheureusement que nous sommes privilégiés, en quelque sorte. Nos amis de l’Armée de Terre font face à une forme de répression beaucoup plus agressive, c’est les remontées qu’on a de nos échanges avec eux. J’ai un camarade de prépa qui sert en régiment de transmission et qui préparait l’École de Guerre. Il se retrouve aujourd’hui sur un siège éjectable car il a clairement refusé la vaccination. En l’occurrence, ils lui ont envoyé la DRSD, pour des motifs fallacieux bien sûr. J’ai aussi le neveu d’un voisin, qui est rentré dans l’armée il y a quelques mois et qui se retrouve bloqué à la fin de sa formation technique, la DRHAT ayant refusé de valider son affectation dans une compagnie, parce qu’il refuse le vaccin.

Je crois que dans la Marine, la plupart des gens, s’ils avaient le choix, n’aurait pas fait le vaccin. C’est paradoxal en quelque sorte, la vie d’un marin c’est de passer son temps dans les espaces exigu de bâtiments coupés de tout. On pourrait se dire que les marins auraient très envie de se vacciner pour se protéger. Mais c’est le contraire.

Il faut dire que dès le départ, nous les marins avions une preuve assez frappante du fait que le COVID ne présentait pas de danger. Nos camarades du porte-avions Charles de Gaulle se sont retrouvé tous contaminés, dès le début de l’épidémie. 1500 marins dans un espace restreint avec le COVID. Je crois qu’ils ont tous attrapé le COVID. Donc ça nous donne un bon indicateur de la dangerosité du virus : minime. Sur 1500 marins, il y a eut 10 cas de personnes nécessitant une prise en charge médicale, ça veut dire une visite médicale, même pas de la réanimation. Et je crois qu’il y a eut seulement deux cas graves, qui ont tous les deux touchés de vieux camarades avec des comorbidités. L’empirisme est donc formel : chez des jeunes en bonne santé, sportifs, sans comorbidité, le risque est presque inexistant. Voire inexistant. Ce n’est pas les marges statistiques qui viendront invalider cet état de fait.

C’est la raison pour laquelle j’ai refusé de me faire vacciner : ça ne me gêne pas de prendre un vieux vaccin contre le tétanos ou ce genre de choses. Mais j’ai un gros problème avec l’idée de m’injecter, en y étant contraint, une dose de virus dans le corps, alors même que je n’ai littéralement aucune chance de souffrir de formes graves. C’est totalement incohérent. C’est ce que je pense et ce que pensent la plupart de mes collègues, chefs et subordonnés. Notre position est assez unanime sur ce plan.

Et maintenant donc, que prévoyez-vous ?

Ma position est très confortable. Je fais ce que j’aime, je passe sous les radars, mes hommes aussi. Je vais essayer de continuer à agir ainsi. Je suis plus utile à ce poste plutôt qu’au chômage. Je vais essayer autant que possible de permettre à mes gars d’éviter la piqouze. Ça me paraît être mon devoir. On a déjà suffisamment de choses à gérer pour en plus devoir se soucier de ces conneries pseudo-sanitaires.

Ce n’est pas une question de peur du vaccin, ou de quoi que ce soit. Je ne suis pas médecin, au mieux je sais poser un pansement trois côtés pour tenir un gars en vie le temps que l’evasan arrive. Mais je n’y connais pas grand-chose en épidémiologie. Le problème ce n’est pas les risques du vaccin. C’est purement une question d’honneur. J’ai juré obéissance à la France, pour des missions très précises. Par principe, je prends le droit de refuser tout ce qui sort de ce cadre. Cette pandémie est un phénomène avant tout médiatique. C’est une question d’honneur pour moi de refuser. Je suis breton, marin et commando. On nous apprend à être des requins, ils vont attendre longtemps avant de me transformer en poisson rouge nageant avec le banc. J’ai fait un choix d’homme, je l’assume totalement.

Peut être que je me trompe et que je regretterai de ne pas avoir pris ce vaccin. Je l’assume totalement. J’use de mon droit à vivre libre et donc de me rendre compte que j’ai fait le mauvais choix. Je n’ai pas besoin de l’État pour me protéger de moi même et de mes mauvaises décisions. Donc oui, j’ai refusé, pour une question d’honneur. Il est hors de question que je me soumette à cette contrainte ridicule. Cette mascarade est un test de foi. C’est un test pour voir qui se soumet et qui à la force de résister. Il n’y a que les chiens qui se soumettent. Mais il n’y a que les idiots qui sortent du rang et lèvent le bras quand on demande des volontaires pour le peloton d’exécution. Il faut être assez malin pour refuser le collier sans s’aliéner le maître, pas tout de suite en tout cas. Donc je refuse tout en ménageant mes possibilités, en faisant des faux, en passant sous les radars.

Si la situation n’empire pas, je pense qu’on pourra continuer sur cette lancée. Mais si la Marine serre la vis ou si le gouvernement serre la vis, on devra aviser. Je ne sais pas trop jusqu’où ils sont prêts à aller, donc je ne sais pas jusqu’où nous sommes prêts à aller aussi. Nous verrons. Mais il y a certaines lignes rouges à ne pas franchir, je pense qu’ils savent exactement lesquelles, je l’espère. Sinon l’issue de tout cela risque d’être tristement compliquée pour tout le monde. Croyez moi, ils n’ont aucune envie d’avoir ne serait-ce que 40 anciens commandos foutus au chômage forcé. En fait, même un seul ça serait déjà beaucoup, ce serait déjà dangereux. Ils le savent.

Le gouvernement doit prendre conscience que même si les militaires sont muets, ils ne sont pas aveugles. Nous avons des yeux pour voir les infos, y compris celles des médias indépendants, pas toujours très sérieuses mais souvent très utiles. Nous avons des familles, des frères et sœurs qui travaillent dans le civil. Parmi les infirmières que vous mettez au chômage ou que vous noyez dans les gaz lacrymogènes le samedi, il y a des femmes de militaires, des femmes de gendarmes, des femmes de policiers… Nous avons des enfants voire des petits-enfants, alors quand vous vous permettez d’utiliser nos petits comme des cobayes, rappelez vous qu’il y a dans le lot des enfants de militaires. C’est à dire les enfants d’hommes dont le métier consiste essentiellement à mettre symboliquement et physiquement leur vie en jeu pour protéger l’avenir des enfants de France.

Nous nous taisons, car c’est notre métier. Mais nous nous forgeons un avis en silence, rappelez vous en. Avec votre politique, vous êtes en train de vous aliéner une partie de l’armée, une partie des militaires, de tous grades. Mais surtout, et c’est le plus important, vous vous aliénez la population française, vaccinée ou pas. Rappelez vous que les non-vaccinés le sont par conviction, mais que très peu des vaccinés l’ont fait par conviction. Ils ne descendront pas dans la rue pour défendre la République Vaccinale. L’immense majorité des vaccinés, y compris dans l’armée, l’ont fait pour avoir la paix. Si vous ne leur donnez pas la paix qu’ils méritent enfin, vous allez bientôt vous retrouver avec un énorme bloc de 20% de citoyens, transversal à toutes les classes et tous les métiers, qui n’a aucune envie de reculer. Un bloc acculé qui ne va pas cesser de grossir. J’appréhende beaucoup ce qui peut sortir d’une telle fracture. Je crois que nos dirigeants aussi, je l’espère en tout cas. Car s’ils choisissent la voie du jusqu’au-boutisme, l’issue sera explosive, je peux vous l’assurer.

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Colonel Antoine : chef de corps d’un régiment de cavalerie

→ Mon, Colonel, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis le Colonel Antoine, je suis chef de corps d’un régiment de cavalerie. Je dirige au quotidien près de 800 hommes et femmes qui ont choisi la voie des armes. Dans ma vie privée, je suis marié et père de cinq enfants.

→ Mon, Colonel, êtes-vous vacciné ? Pourquoi ? Quels effets cela a-t-il sur votre carrière ?

La décision a été très difficile à prendre pour moi. J’ai une méfiance naturelle envers les vaccins, depuis longtemps. Mon frère cadet est atteint de sclérose en plaques. Selon les médecins, cela est très probablement dû au fait que notre mère se soit vaccinée contre l’hépatite pendant sa grossesse. La maladie s’est déclarée tard chez mon frère, mais j’ai vu sa santé se dégrader à un rythme terrifiant. À mesure que l’armée faisait de moi un homme plus fort et plus solide, je voyais mon frère être détruit par la maladie. Tout cela à cause d’un vaccin. Autant vous dire que je n’ai jamais apprécié les vaccins, et tout au long de ma carrière militaire j’ai essayé de crassusser (éviter) les séances de vaccination, comme on dit. Mon médecin généraliste m’a beaucoup aidé à chaque fois.

En théorie je n’aurais donc pas dû faire le vaccin COVID. Pas plus celui là qu’un autre donc. Mais je me suis trouvé face à un cas de conscience affreux. J’ai compris assez vite que le vaccin allait être obligatoire pour les militaires, les informations circulaient avant l’annonce officielle. Nous avons longuement discuté de ce sujet avec plusieurs cadres du BOI de mon régiment [l’État-Major du régiment]. Il m’est alors apparu avec assez d’évidence que nous allions nous trouver face à plusieurs types de profils : des soldats vaccinés volontairement, des soldats vaccinés par dépit, des soldats faussement vaccinés et des soldats non vaccinés prêts à résister. Quatre catégories de soldats, ce qui est déjà une aberration alors que toute notre mission consiste à créer de l’efficacité en créant de la symbiose, c’est à dire de la cohésion.

En tant que chef, j’ai beaucoup hésité à démissionner, à écrire à la presse, à écrire à mes chefs. À entrer dans le rapport de force. Je ne l’ai pas fait. J’ai décidé de rester à mon poste et d’utiliser tout le pouvoir que j’avais pour laisser le plus grand choix possible à mes hommes, en laissant une grande marge de manœuvre aux CDU [capitaines de compagnie], en faisant traîner au maximum les demandes du SSA et de la DRHAT [Service de Santé des Armées et Direction des Ressources Humaines], en laissant circuler les bonnes astuces pour récupérer des faux pass ou des faux certificats de vaccination.

Mais j’ai rapidement pris conscience d’une chose. Malgré cela, il y aurait des soldats qui ne pourraient pas passer sous les radars, ou simplement qui refuseraient de se plier à l’impératif et qui refusaient même l’idée d’avoir un faux. Il y a eut quelques cas. Je pense notamment à un caporal-chef, qui refusait désespérément de se faire vacciner, mais qui refusait aussi de faire un faux certificat, par principe, car il refusait d’avoir un passe-droit, car il voulait se montrer solidaire avec ceux qui ne pouvaient pas avoir de faux ou qui ne voulaient pas. Je l’ai reçu cinq fois dans mon bureau, pour essayer de le convaincre. Il m’a expliqué qu’il avait peur de perdre son travail et d’être renvoyé de l’armée, car il a une fille de quatre an, un prêt, des parents vieillissant. Je lui ai expliqué que c’était une raison de plus pour lui de jouer profil bas et d’accepter l’idée d’avoir un faux certificat, pour rester militaire.

Ce caporal-chef m’a répondu qu’il ne pouvait pas s’y résoudre. Vous savez ce qu’il m’a répondu ? Il m’a dit « Je ne peux pas supporter l’idée que je doive me soumettre et perdre mon âme pour avoir le droit d’éléver ma fille normalement. Je préférerais que ma fille grandisse sans père, plutôt qu’elle grandisse en étant fier d’un père qu’elle ne peut admirer que parce qu’il s’est couché et à ramper ».

J’ai compris ce jour là qu’il serait plus facile pour moi d’envoyer ce caporal-chef dix fois à Verdun ou à Uzbin, plutôt que de réussir à lui faire à renier ses principes. J’ai compris que j’allais devoir le virer. Ou plutôt que, à travers moi, l’armée allait le virer.

Cette situation m’a fait beaucoup réfléchir à mon rôle de chef et à mes valeurs d’homme. J’ai passé des nuits blanches entières, préoccupé par ces questions : Quel genre d’homme je suis si, confortablement caché derrière les concessions que je fais, je m’autorise à juger de l’avenir de ceux qui refusent ces mêmes concessions ?

J’ai donc décidé de me faire vacciner. Je n’avais pas à le faire, car j’avais déjà un certificat valide, un faux, mais j’ai décidé de me faire quand même vacciner. Par respect pour ces hommes dont j’ai la responsabilité. Ceux qui se sentent obligés de se faire vacciner pour conserver l’emploi qui nourrit leur famille. Ceux qui utilisent des faux tout en ayant conscience de s’être déjà à moitié soumis. Et pour tous ceux qui, comme le caporal-chef, vont perdre leur travail car ils refusent la compromission.

C’est peut être la plus grande erreur que j’ai fait de ma vie. Mais paradoxalement je me sens en paix avec ma conscience. J’avais le pouvoir de refuser la compromission et de « passer entre les gouttes ». Mais tous n’ont pas ce pouvoir. Moralement en tant que chef, je ne pouvais supporter l’idée de diriger des hommes sans être au même régime qu’eux. Maintenant, je suis dans leur situation. Nous partageons la même chose. Ils ne le sauront pas et ils s’en moquent. Et je m’en moque. Mais j’ai fait ce que je pensais être juste et ce que me commandait mon éthique et mon honneur. Mon C2 [commandant en second] a fait exactement le même choix et m’a accompagné sur cette voie, il a décidé après coup de se faire vraiment vacciner, pour être dans le même bateau que nos hommes qui ne peuvent pas refuser et pour pouvoir nous regarder dans le miroir quand on devra pousser vers la porte des Anciens qui eux ont refuser de se compromettre.

Ce sont des choix déchirants. Je ne dis pas qu’il y a un bon et un mauvais choix. Nous avons tous des situations différentes. Certains peuvent entrer dans le rapport de force, d’autres ont moins de marge de manœuvre et préfère passer sous les radars. Certains pourraient passer sous les radars, mais leur sens moral est tel qu’ils préfèrent tout perdre que de céder un millimètre à leur ennemi… Dans cette histoire, il n’y a pas plusieurs camps en réalité, il y en a un seul : la population contre le gouvernement et ses donneurs d’ordre. J’ai un profond mépris pour l’appareil politique qui a créé toute cette situation, pour tous les déchirements que cela entraîne.

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Lieutenant-Colonel Gabrielle : médecin militaire au SSA

→ Colonel, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis le Lieutenant-Colonel Gabrielle, je suis médecin militaire au SSA. J’ai servi en antenne et en hôpital militaire. Je suis mariée et mère de trois enfants.

→ Colonel, êtes-vous vaccinée ? Pourquoi ? Quels effets cela a-t-il sur votre carrière ?

Je ne suis pas vaccinée, je ne me ferai jamais vacciner contre le COVID 19. J’ai fait en sorte d’obtenir un faux certificat, comme certaines de mes collègues. Je crois profondément dans mon rôle de médecin, qui consiste à soigner et sauver des vies. La politique de vaccination autour du COVID n’entre certainement pas dans ce cadre là. Je me refuse à injecter des soldats avec une substance supposée les protéger d’une maladie… qui ne peut de toute façon pas les tuer. Je me refuse à leur injecter un vaccin qui ne les empêchera de toute façon pas d’être porteurs ou de transmettre la maladie.

Je suis par ailleurs assez sceptique quant à ce vaccin, si efficace et si consensuel qu’il est nécessaire de passer par la coercition pour que les gens acceptent de le recevoir. Un vaccin contre un virus qui, rappelons le, est si agressif que les gens sont obligés de faire plusieurs tests pour savoir s’ils sont malades… La politique sanitaire du gouvernement n’a véritablement aucun sens, en tout cas pas sous l’angle sanitaire.

Je fais partie des médecins qui considèrent que, de façon empirique, contre une maladie il faut trouver un remède, pas un vaccin. Il est inutile de traiter des gens qui ne peuvent de toute façon pas développer de formes graves. Par contre il est très utile de développer des médicaments capables d’atténuer ces formes graves SI elles se présentent. C’est la question que je pose aujourd’hui : cela fait près de deux ans que nous faisons face à cette crise sanitaire, donc où en sont les remèdes éventuels contre le virus et ses symptômes ? Est-ce qu’on a au moins essayé d’en trouver ? Ou même pas ?

Je fais aussi partie de ces médecins qui considèrent que vacciner massivement et de façon indiscriminée PENDANT la phase de croissance épidémique est une très mauvaise idée, car c’est le meilleur moyen de laisser apparaître ce que l’on nomme des variants d’échappements. Cela est bien documenté dans la presse spécialisée, mais pour faire très simple : le vaccin permet d’uniformiser le « marché », ce qui simplifie grandement la tâche du virus, qui n’a plus à s’adapter à chaque individu, mais qui trouve au contraire un point d’accroche commun chez tout le monde, via le vaccin. Après quoi le virus n’a plus qu’à opérer une seule mutation, lui permettant de surpasser le vaccin. Et d’un virus finalement inoffensif, on se retrouve alors avec un virus extrêmement agressif.

Bref, même sans être médecin, il y a un grand nombre de points qui posent sérieusement question dans la gestion de cette crise sanitaire. Et je pense qu’ils mériteraient d’être discutés de façon démocratique. Le fait que le gouvernement passe par la coercition prouve selon moi que le COVID n’est plus une question médicale, c’est devenu une question politique, et seulement politique. Et l’armée (pas plus que la population civile) ne devrait payer le prix de cette folle politique. Ça ne viendrait à l’esprit à personne de rendre le vaccin contre la grippe obligatoire. C’est exactement ce que l’on fait avec le COVID.

Voilà les raisons qui font que j’ai refusé la vaccination. Et voilà les raisons qui font que j’ai décidé, depuis juin dernier, avec l’aide d’un capitaine et de plusieurs auxsan, de ne pas vacciner au sein de l’armée. Ou plutôt, de vacciner ceux qui le souhaitent vraiment, mais de permettre à ceux qui ne le veulent pas d’obtenir un faux.

Ce que je fais est totalement illégal, je sais qu’il y a un risque et je sais que nous finirons probablement pas être découverts ou dénoncés. Cela arrivera. Mais je quitterai l’armée en ayant au moins la conscience tranquille. J’ai la conviction que je protège plus la santé de la troupe en ne les piquant pas plutôt qu’en les piquant.

Je suis certes un médecin et un militaire. Mais je suis et je reste avant tout une femme et une mère. Je connais le prix de la vie, ce qu’elle coûte, ce qu’elle vaut, ce qu’elle implique. Je connais la beauté de la vie, celle qu’on peut voir dans les yeux d’un enfant qui rigole. Mais je connais aussi la fragilité de la vie, celle qu’on peut voir en regardant les yeux d’un patient qui est en train de partir pour sa dernière chevauchée. Mon rôle est de défendre la vie.

Mes collègues en régiment défendent la vie en risquant la leur. Je ne peux pas me résoudre à bafouer ces sacrifices qu’ils font en mettant leur vie en danger simplement parce que j’obéis aux ordres du gouvernement. La seule chose que je fais donc, c’est de rendre à chacun le choix que le gouvernement leur a enlevé. Je les rends maître de leur destin et je les laisse choisir. Je laisse mes auxsan faire de même et je les couvre autant que possible.

Et vous savez quoi ? Quand les gens ont le choix, en général ils décident tous de ne pas se faire vacciner. Et croyez moi, c’est exactement la raison pour laquelle le vaccin est obligatoire pour les militaires et en passe de l’être pour les civils : parce que sinon, personne ne voudrait se faire vacciner. Parce qu’au fond, sauf quelques exceptions, tout le monde sait très bien que cette situation autour du COVID n’est pas médical, mais politique. Les gens ont du bon sens, c’est pour ça que le gouvernement a besoin de la coercition. Et c’est pour rendre honneur au bon sens des gens et à la valeur de leur vie que je me refuse à être un agent de cette coercition. Et je ferai cela jusqu’à ce que les gendarmes viennent me chercher par la force.

Général Guillaume : Général de Division

→ Mon Général, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis le Général Guillaume. J’ai intégré Saint-Cyr dans les années 1980 puis j’ai fait l’intégralité de ma carrière dans l’infanterie (Troupes de Montagne, Troupes de Marine) puis en État-Major. Je suis aujourd’hui Général de Division.

→ Mon Général, êtes-vous vacciné ? Pourquoi ? Quels effets cela a-t-il sur votre carrière ?

Je suis vacciné, j’ai pris la décision personnelle de me faire vacciner en conscience car je fais partie de la population considérée comme « à risque ». Je souffre d’une maladie que je traîne de façon chronique depuis Daguet [la Première Guerre du Golf], une maladie qui m’a abîmé les poumons. Rien de grave dans la vie quotidienne, mais en cas de complication dû au COVID, mais chances de survie ne sont pas garanties. Pour moi, cela faisait donc sens de me vacciner, je l’aurais fait de toute façon.

Pour autant, j’ai encouragé mon épouse et mes enfants et petits enfants à ne pas le faire. Le vaccin s’adresse surtout à des gens comme moi. En fait, il s’adresse même exclusivement à des gens comme moi. Mon petit fils de 13 ans n’a absolument aucune raison de se faire injecter. C’est un non sens. Je suis partisan d’une approche responsable de la vaccination, basée sur la responsabilité individuelle : les gens qui veulent se vacciner, car ils sont à risque (réellement à risque), doivent pouvoir le faire. Mais c’est tout.

Je trouve qu’il est absolument scandaleux que l’on force de façon directe ou indirecte des citoyens français à se faire vacciner contre une maladie somme toute bénigne, en tout cas qui ne les menace pas. Mon petit fils, dont je viens de parler, fait du rugby et du VTT en club. Il a un très bon niveau en rugby, mais aujourd’hui il ne peut plus aller aux entraînement car il n’est pas vacciné. C’est absolument stupide. Et c’est même criminel.

On observe la même chose dans l’armée ainsi que dans la gendarmerie : des militaires d’une grande valeur sont poussés vers la sortie en raison de leur statut vaccinal. L’armée manque de moyens, mais pourtant on refuse à certains jeunes la possibilité de s’engager, uniquement car ils ne sont pas vaccinés… De même, l’armée manque de cadres de contact, de sous-officiers, et pourtant l’institution se met à faire la chasse à ces sous-officiers qui refusent de se faire vacciner. Ou pire, à ces sous-officiers qui refusent de jouer la police sanitaire dans leur groupe ou leur section.

Lors d’une visite dans un régiment, j’ai un lieutenant qui m’a interpellé de façon assez directe et assez inhabituelle quand nous étions entre nous. Nous parlions de plusieurs sujets et nous en étions arrivés à parler du sujet de la vaccination et j’ai laissé entendre de façon subtile que je pensais beaucoup de mal de la politique du gouvernement et du CEMA, totalement déconnectée de la réalité du terrain. Le jeune lieutenant n’a pas manqué de me demander, plein de candeur : « Mais Mon Général, vous êtes général, pourquoi vous ne faites pas quelque chose, pourquoi vous ne vous opposez pas à ces décisions ? »

C’est une question légitime. Mais tellement naïve. En tant que général de division, j’ai une meilleure paye que ce lieutenant. J’ai aussi plus d’avantages. Plus d’ancienneté. Plus de responsabilités et plus d’autorité aussi. Mais ça ne veut pas dire que j’ai plus de pouvoir que lui. La structure de l’armée est faite de telle façon que, plus vous montez dans les échelons, plus vous avez de l’autorité. Mais vous n’avez jamais vraiment plus de pouvoir. Vous remarquez vite, à chaque nouvel échelon, qu’en fait le pouvoir décisionnaire véritable vous échappe toujours. En tant que militaires on sait bien que le pouvoir est pyramidal, hiérarchique, vertical. On sait bien qu’on n’aura toujours moins de pouvoir que la personne du dessus. Mais on croit quand même très naïvement que l’on aura, à chaque échelon, un peu plus de pouvoir qu’à l’échelon précédent. On croit que le « pouvoir » est une sorte d’entreprise, où certains sont actionnaires majoritaires avec 51% des parts, où d’autres ont seulement 30% et d’autres 5%, 2%, 1%. On espère qu’à chaque nouvel échelon que l’on grimpe, on gagnera quelques parts de pouvoir supplémentaires.

C’est totalement faux en réalité. Cette vision est totalement fausse. J’ai aussi peu de pouvoir aujourd’hui après quatre décennies de carrière, qu’hier quand j’étais un khornichon de 16 ans. Le pouvoir n’est pas pyramidal. Le pouvoir est un point de concentration unique. Et il n’est pas dans la main des militaires. Nos dirigeants ont le pouvoir sans la responsabilité. Nous, militaires, avons la responsabilité sans le pouvoir. La vie est bien faite…

Je ne sais pas si vous comprenez exactement ce que j’essaye d’expliquer. En réalité je suis en train de vous expliquer que je suis tout aussi impuissant qu’un boulanger ou qu’un caporal face à la situation actuelle. Je vous témoigne de ma propre impuissance. C’est mon cas, et c’est le cas de la totalité des mes collègues, quelque soit le nombre d’étoiles. Je crois que même le CEMA et le CEMAT savent très bien que leur marge de manœuvre est totalement limitée.

Face au traitement qui est reservé à nos subordonnés, nous n’avons aucun pouvoir. J’ai personnellement essayé de faire entendre une voix discordante, comme certains collègues, cela a été inutile. J’ai essayé de faire remonter les plaintes que je recevais de certains chef de corps, cela a été inutile. J’ai écrit plusieurs lettres, transmettant des témoignages déconcertants que je recevais de plusieurs officiers. Je n’ai jamais reçu rien d’autre que du silence.

Et pourtant, les éléments que je portais à la connaissance de mes supérieurs étaient très préoccupants. Des centaines et des centaines de cas de militaires qui se retrouvent totalement inaptes après avoir été vaccinés. Je citais notamment le cas dans une lettre d’un jeune EVAT dans un régiment des troupes de montagne : il s’est engagé à 19 ans, il a fait sa formation initiale et sa formation de spécialité, il sort dans les trois premiers de sa cohorte. Il avait un profil très sportif, bien câblé, le genre qui une tête bien remplie et des bras bien faits, typiquement le genre de jeune que son CDU aurait pu orienter vers les GCM ou l’EMIA [Commando-Montagne ou École d’Officiers]. Sa section a été vaccinée par le SSA : après sa seconde dose, il s’est retrouvé immobilisé pendant plusieurs semaines. Il a développé des symptômes d’embolie pulmonaire, avec des difficultés respiratoires assez graves, qui l’empêchent même de parler sans être essoufflé. Vous savez ce qui lui est arrivé ? Le jeune s’est fait virer, l’armée a artificiellement prolongé sa période probatoire pour pouvoir briser son contrat, au motif qu’il « présentait des contre-indications médicales au métier militaire ». Et c’est tout. Voilà. Ce pauvre jeune qui aurait fait un très bon soldat se retrouve dans le civil, avec des poumons détruits irrémédiablement.

J’ai écrit à un ami à la DRHAT pour ce cas précis, sur lequel j’étais bien informé. Vous savez ce qui s’est passé ? Ce n’est pas mon ami qui m’a répondu. J’ai reçu une lettre d’un supérieur, qui m’a expliqué que « je sortais totalement de mon rôle » en m’intéressant à ce « sujet secondaire ». Je lui ai répondu que mon rôle d’officier c’est aussi d’être capable de sortir des sentiers battus et d’alerter mes chefs quand je vois que des décisions politiques sont en train de détruire l’armée que je sers.

Car c’est ce qui est en train de se produire. Des cas comme celui que je viens d’évoquer, il y en a des milliers. Je n’exagère pas. Des milliers de jeunes et de moins jeunes avec des symptômes plus ou moins graves. Cette campagne de vaccination précipitée cause plus d’attrition et de pertes à l’armée que nos 20 dernière années d’OPEX… Vous vous rendez compte de l’imbécillité de la chose ?

Mais le pire ce n’est pas ça. Le pire c’est que les hommes s’en rendent compte. Tout le monde dans l’armée connaît au moins un collègue, un proche, un chef ou un subordonné, qui se retrouve mal en point après le vaccin. Les rumeurs circulent, les gens parlent et débattent de tout ça. Le climat est d’autant plus grave qu’on atteint une forme de paranoïa, légitime, où n’importe quel arrêt maladie ou n’importe quel décès dans l’armée est lié au vaccin. Je ne dis pas que c’est le cas, l’armée compte près de 200 000 personnels, statistiquement il y a forcément des malades et des morts. Mais nos hommes sont tellement habitués à voir leurs camarades souffrir d’effets secondaires, qu’ils se mettent à cibler le vaccin pour chaque petit problème.

Le problème de tout cela, c’est que les conséquences sont extrêmement délétères. La méfiance et la défiance montent dans certaines unités. L’armée ne communique pas. Le SSA ne communique pas. La seule chose que les hommes voient c’est qu’ils doivent se faire vacciner, sinon ils seront traînés dans la boue et virés. Et s’ils se vaccinent, ils voient que certains de leurs amis souffrent de complication. Je suis désolé de dire ça, mais même le dernier des mercenaires n’accepterait jamais d’être traité avec si peu de déférence.

Il ne faut pas s’étonner, après, que des dizaines de milliers de militaires décident de sortir de cette boucle infernale en se faisant faire des faux, ou en ne renouvelant pas leurs contrats. Vous pouvez demander énormément de choses à un soldat tant que vous le faite avec autorité, gravité et respect. Mais il y a certaines limites. Cette façon de traiter nos militaires, en variable d’ajustement et en cobaye, est absolument outrageante.

Je crois que les hommes accepteraient bien tout cela, si c’était effectivement la seule façon de se prémunir d’un péril immense. Et si on le leur demandait droit dans les yeux. Le risque fait partie du métier de militaire.

Mais les risques qu’ils prennent aujourd’hui, ils les prennent pour des raisons purement politiques. J’ose affirmer que, au bout du compte, un caporal-chef de 25 ans ne va pas mourir ou tuer qui que ce soit s’il refuse de se vacciner. J’ose l’affirmer, et je défie M. Véran d’aller défendre l’argument contraire et d’aller expliquer à une section de capo-chefs que, s’ils ne sont pas vaccinés, ce sont des irresponsables qui risquent la mort et qui risquent de tuer leurs proches.

Je sais que certains de mes collègues ne seront pas d’accord avec ce que je vais dire, mais je vais le dire : cette épidémie de COVID est avant tout une épidémie médiatique. Dans le sens, où elle est purement fabriquée par une sorte d’hystérie médiatique. Habituellement, des réseaux politico-médiatiques s’agitent pour influencer sur le bulletin que l’on choisit de mettre dans l’urne : les gens ne voteront pas pour le candidat qui les a convaincu, ils votent pour le candidat que les médias ont promu. C’est le fondement de notre démocratie. Aujourd’hui, ces mêmes réseaux politico-médiatiques sont recyclés pour encourager les gens à la vaccination. Les gens ne se vaccinent pas parce que le vaccin les a convaincu, mais parce que les réseaux politico-médiatiques les convainquent de se faire vacciner. C’est tout. Le cœur nucléaire de la pandémie de COVID ce n’est pas le virus, ou le vaccin. Le cœur nucléaire de la pandémie de COVID ce sont les médias et ceux qui dirigent les médias, qui dirigent les médias dans un certain sens.

Vous doutez de ce que je dis ? Posez-vous une question toute simple : si vous n’aviez pas accès aux médias et si il n’y avait aucune mesure sanitaire, est-ce que vous seriez capable de dire que le pays fait face à une épidémie ? Je veux dire, est-ce que en vous promenant, en parlant avec vos proches, vous seriez capables de dire qu’il y a une épidémie ? Moi non. Absolument pas. Car l’épidémie n’existe pas, ou alors de façon extrêmement marginale. Pendant la Peste Noire, mon village en Franche-Comté est passé d’environ 1700 habitants à moins de 25 habitants. Il restait 6 familles. Je peux vous assurer que ces 6 familles n’avaient pas besoin de France Inter pour se rendre compte qu’elles faisaient face à une épidémie. Vous si. Sans médias et sans mesures gouvernementales, notre vie serait exactement la même qu’il y a 2 ans. Tout au plus certains se plaigneraient du fait que la grippe, cette année, a été particulièrement agressive. Et c’est tout.

C’est pour moi la preuve que cette pandémie est, avant toute chose, une création ou une exagération médiatico-politique. Dans les TTA de l’armée française ou dans la documentation de l’OTAN, tout cela est regroupé dans un champs d’étude très précis, celui des CIMIC, les actions civilo-militaires. En langage plus compréhensibles, on appelle cela les PSYOPS, la guerre psychologique. L’idée est simple : comment, par des moyens non-militaires, une armée va gagner les cœurs et les esprits de la population et entraîner son adhésion à une cause ou une idée.

Dans la BSS [Sahel], nous avons plusieurs programmes de ce types : distributions de matériel et de cadeaux à la population civile, campagnes sur les réseaux sociaux visant à changer la perception des civils locaux envers l’Armée Française, etc. Non seulement ces techniques sont utilisées, mais elles marchent très bien, très très bien même. C’est la raison pour laquelle nous avons des TTA [manuels] complets sur le sujet en France depuis les années 1970, et que les américains et les britanniques ont des unités spécialisées dans ce domaine. Avec assez de moyens, sur le long terme, les PSYOPS permettent d’obtenir des résultats exceptionnels sans avoir à déployer un seul GTIA sur le terrain.

Pour moi, la pandémie de COVID entre exactement dans le champs des CIMIC ou PSYOPS. Pour moi, nous sommes de fait dans une forme de guerre psychologique qui est menée contre la population civile française de façon à lui faire croire :

  • qu’elle fait face à une menace grave et existentielle (le virus)
  • que le seul moyen d’y faire face et de sacrifier certaines libertés au gouvernement

Je ne dis pas qu’il y a un grand plan coordonné visant à mener une guerre psychologique à la population civile française. J’ai beaucoup de mal à imaginer cela. Mais je dis que c’est de facto ce qui se produit, les français sont attaqués par des moyens de guerre psychologique, les premiers étant les médias et leur pornographie de la peur. Est-ce un traitement médiatique conscient ? Ou bien totalement inconscient et seulement guidé par l’appât du clic et du gain ? Je n’en sais rien, je ne suis pas journaliste.

Mais ce qui est certain c’est que la population française est attaquée. Très clairement. Dans les faits, peu importe qui est le responsable et qui vise quoi, à quelles fins, j’observe simplement que notre population est attaquée, ses représentations mentales sont parasitées et attaquées. Et les effets de ces attaques, on les voit depuis deux ans : une démission totale de tout sens moral et critique, un abandon et une acceptation des politiques du gouvernement.

C’est ce qui me pousse à dire que notre gouvernement est complice et coupable. Un gouvernement doit avoir assez de hauteur de vue pour voir quand sa population est menacée et attaquée, y compris quand cette attaque est purement informationnelle. Et ayant remarqué cette menace, le gouvernement doit agir pour protéger sa population. S’il ne réagit pas, il est soit incompétent, soit complice. Notre gouvernement ne réagit pas, mais en plus il prend part lui même à l’attaque en contribuant à répandre la peur. Il va même plus loin, non seulement il contribue à bombarder sa propre population, mais il sabote même sa propre armée, en bombardant mentalement sa propre armée. Dans le langage de la marine, on appelle cela un sabordage. Dans le langage courant on appelle cela un coup de poignard dans le dos. Dans le langage universel on appelle cela une trahison.

J’accuse donc les institutions politiques de mener une politique sanitaire totalement inique. Une politique sanitaire qui est en train de fracturer profondément notre armée, de détruire la confiance des hommes dans leurs chefs, de détruire notre culture du commandement, de détruire des régiments, de détruire des vocations. Et surtout, de détruire des hommes.

Et ce constat est autant valable dans l’armée que dans la population civile. Cette façon de faire, ces attaques psychologiques et cet empire du mensonge ne détruisent pas seulement la cohésion des régiments. Ils détruisent la cohésion des familles, la cohésion des couples, la cohésion des entreprises, la cohésion des groupes d’amis… Le gouvernement, par sa politique totalement irresponsable, est en train de semer les germes de la défiance, de la sédition et de la guerre… dans son propre pays.

Le militaire, c’est l’homme qui s’engage à se battre pour retrouver ensuite son pays plus grand et plus paisible. Je peux vous assurer qu’un militaire qui rentre aujourd’hui, en 2021, d’une mission au Sahel, ne peut absolument pas dire que le pays qu’il retrouve est plus paisible qu’il y a un an. Les militaires sont des hommes de paix, ils veulent la guerre aujourd’hui pour avoir la paix demain. Vous êtes en train de leur arracher cet espoir et de cliver durablement le pays. Vous êtes en train de détruire la paix pour laquelle les militaires se battent…

Cette façon de faire est de toute façon très grave. Si elle est involontaire, elle est la preuve d’une grande irresponsabilité. Si elle est volontaire, elle est la preuve d’une grande noirceur d’âme. Les gens qui agissent de la sorte sont hideux et vils, j’ose le dire en sachant très bien que je parle de mes supérieurs : vous êtes hideux, vils et si il existe quelque part quelque chose qui s’apparente à l’Enfer, croyez bien que votre place là-bas est déjà réservée.

Je n’ai qu’un mot à dire pour finir, un mot que j’adresse indifféremment aux militaires comme aux civils : la situation est compliquée. Je suis aussi perdu que vous, tout autant que beaucoup de mes amis, collègues, supérieurs et subordonnés. Je pense que nous sentons tous le « vent du changement », comme dit la célèbre chanson de ma jeunesse. Mais je suis incapable de vous dire vers quoi nous allons. Si nous allons vers une issue heureuse, ou bien vers des heures encore plus difficiles.

La seule chose que je peux vous garantir, c’est qu’il y a de toute façon des données invariables : la famille, les valeurs du travail, de l’amitié, l’amour pour votre conjoint et vos enfants, toutes ces petites choses-là vous aideront à franchir les grandes vagues et à éviter la submersion (et la subversion). Ne succombez pas aux divisions et aux diversions. Ne vous laissez pas submerger par l’impuissance ou l’indécision. Vous êtes encore capables de faire des choix et en plus de faire les bons choix. Il vous suffit de vous poser les bonnes questions. Les bonnes décisions sont souvent difficiles à prendre. Mais elles en valent la peine. Alors prenez soin de vous. Et comme on dit chez les paras : être et durer. Soyez ce que vous êtes et ayez pour seul et unique objectif de traverser tout cela, de laisser quelque chose, d’être plus fort que les nuages sombres qui nous menacent. Vive la France !

*

Alice, femme de militaire

→ Madame, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Alice, je suis mariée et mère de quatre enfants. Mon mari est sous-officier dans l’armée de terre dans un RPIMa. Aujourd’hui, je veux témoigner en mon nom, mais aussi au nom des autres femmes de militaires. Je pense que certaines se reconnaîtront dans mes paroles et j’espère que je porterai leurs états d’âme comme il se doit.

→ Madame, êtes-vous vaccinée ? Pourquoi ? Qu’en est-il de votre mari ? Quels effets la politique de vaccination a sur votre famille et votre couple ?

Je suis enceinte de notre quatrième enfant. Au cours de ma grossesse, mon mari et moins nous sommes beaucoup documentés, pour avoir les témoignages de d’autres femmes enceintes, savoir comment elles géraient cela. Ce que j’ai vu est horrifiant. J’ai vu des centaines de femmes témoignant de fausses couches. Au début, je n’étais pas particulièrement opposée à la vaccination, j’étais plutôt indifférente même. Mais ces témoignages m’ont beaucoup fait douter et mon mari également. Si un vaccin détruit la vie d’un petit bébé dans le ventre de sa mère, c’est probablement que ce vaccin n’est pas là pour notre bien.

Mais en même temps j’ai aussi été sensible aux campagnes gouvernementales et à ce que j’entendais dans les médias :

« Si vous êtes enceinte, vous DEVEZ vous faire vacciner sinon vous êtes une mère irresponsable qui met la santé de son enfant en danger ! ».

Lors des échographies à l’Hôpital, j’avais le droit au discours culpabilisant du genre :

« Comment mais vous n’êtes pas vaccinée ? Vous êtes au courant qu’il y a une épidémie et que vos choix risquent de tuer votre bébé ?! »…

J’exagère à peine. Cette période a été difficile pour mon mari et pour moi. Toutes ces injonctions contradictoires étaient difficiles à gérer.

À la fin j’étais tellement sous pression que j’ai décidé de céder. J’ai pris rendez-vous pour me faire vacciner. À ce moment là, la campagne de vaccination était surchargée et mon rendez-vous était dans quinze jours. Sauf que pendant ce délai, il s’est passé deux événements qui m’ont fait changer d’avis.

Un midi, mon mari m’appelle depuis le régiment et il me dit tout affolé : « Décommande ce rendez-vous pour la vaccination ! La femme de l’adjudant X s’est faite vacciner et elle vient de faire une fausse couche ». Il s’agit de la femme d’un collègue de mon mari, qui était à presque 6 mois de grossesse. Je vous laisse imaginer ce qu’elle a vécu et ce qu’a vécu son mari à elle aussi…

Évidemment, ça m’a fait beaucoup douter, mais j’ai refusé de décommander mon rendez-vous, je me suis dis que j’allais attendre et voir, que je pouvais toujours décommander au dernier moment… J’ai attendu et j’ai vu. Quatre jour après, ma cousine, qui est sage-femme, m’appelle. Ça faisait plusieurs mois que je n’avais pas de ses nouvelles, elle était juste au courant que j’étais enceinte. Elle m’appelle et me laisse juste ce message sur mon portable :

« Alice, je sais que tu es enceinte, j’espère que la grossesse se passe bien. Je ne sais pas si tu es déjà vaccinée, mais si ce n’est pas le cas, je pense que c’est mieux de ne pas te vacciner du tout. Je viens de voir une autre fausse couche chez une femme que j’accompagne, qui vient de se faire vacciner… Peut être que ça n’a rien à voir, mais c’est la 3ème en dix jours… Fais comme tu veux, mais réfléchis-y ».

Peut-être que c’était seulement un biais de confirmation, mais j’ai pris cela comme une confirmation : j’ai décommandé mon rendez-vous et mon mari me soutenait dans cette décision. J’ai décidé que je n’allais pas me faire vacciner, ni pendant ma grossesse, ni après. Mes enfants non plus. Et mon mari ne souhaitait pas non plus se faire vacciner. Un vaccin qui cause tant de dégâts pour détruire un virus finalement presque anodin… le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Ma mari a fait savoir à son chef de section avec qui il a de bonnes relations qu’il ne souhaitait pas se faire vacciner. Son chef de section l’a soutenu en lui disant que ce n’était pas le seul dans cette situation, mais que la vaccination allait certainement devenir obligatoire et qu’il allait devoir faire un choix. Rester et se vacciner ou partir.

Le lieutenant avait raison, puisque quelques semaines plus tard la nouvelle sur la vaccination obligatoire des militaires est tombée. Mon mari et ses collègues qui n’étaient pas vaccinés ont été sous pression de leurs cadres. Le lieutenant a essayé de protéger mon mari, il a essayé de contacter ses amis au SSA pour voir s’il pouvait trouver une dérogation pour mon mari, une exemption médicale, voire un faux. mais sans succès. À la fin l’étau s’est resserré, mon mari a été convoqué chez le C2 [commandant en second] du régiment, qui lui a fait comprendre que s’il ne cédait pas, il serait renvoyé, sans avantages (c’est à dire sans l’aide à la reconversion qui est notamment mise en place pour les militaires qui ont fait un service long). Le but était clairement de lui mettre la corde au cou et de le faire céder. Quand mon mari a dit à ses cadres qu’il avait une femme et quatre enfants à charge, son CDU a osé lui répondre « raison de plus pour ne pas perdre votre travail maintenant ». J’ai trouvé cela horriblement cynique, vraiment.

Mais mon mari a suivi une réflexion similaire. Il ne veut pas que je me vaccine, il ne veut pas que nos enfants soient vaccinés. Mais en même temps, nous avons conscience tous les deux qu’une famille de quatre enfants, ce n’est pas anodin… J’ai proposé à mon mari de trouver un travail à mi-temps et de faire des tests PCR réguliers pour pouvoir l’occuper. Je lui ai proposé de faire la même chose. Mais il a refusé. Il a dit qu’il préférait que nos enfants grandissent avec leurs parents, plutôt qu’ils grandissent entre deux nounous, en allant dans une école publique, entourés d’adultes masqués et élevés par des parents stressés de ne pas réussir à joindre les deux bouts. Nous étions dans l’impasse.

Un matin, pendant que je m’occupais des enfants, je reçois un message de mon mari. « Je l’ai fait. Il le fallait. Maintenant c’est réglé. On en parle ce soir. Je t’aime ». À ce moment là je n’ai pas su quoi penser. Je n’ai pas su si je devais pleurer ou le remercier, ou l’admirer, ou le maudire, ou le bénir. Je ne sais pas alors j’ai fait tout ça à la fois. D’une certaine façon, je lui en veux beaucoup. Mais en même temps, je l’aime tellement, je suis tellement reconnaissante et tellement admirative de ce qu’il a fait. Vraiment. Je suis plus admirative de ce geste infime qu’il a fait pour notre famille, plutôt que du fait qu’il saute plusieurs fois par mois par la porte d’un avion… Je savais que j’avais un mari extraordinaire, mais là c’est un autre niveau.

Mon mari s’est sacrifié d’une certaine façon. Il a mis sa santé en jeu et sa morale entre parenthèses pour nous protéger les enfants et moi, pour s’assurer qu’on ne manque de rien, pour s’assurer qu’on puisse traverser tout ça ensemble. Je pense que ça lui coûtait infiniment moins de partir au Sahel que de tendre son bras pour se faire piquer. Ça peut paraître idiot vu de l’extérieur. Mais ce n’est pas seulement la question médicale, le risque du vaccin. C’est aussi le fait qu’il a l’impression, en se faisant vacciner, de vendre sa liberté, de se laisser enchaîner, de participer à quelque chose d’infamant. Il a l’impression de capituler et d’être un collabo en quelque sorte. Il a l’impression de violer sa parole et ses valeurs. Les risques qu’il prend lors d’un saut ou d’une OPEX, il le fait par choix, par pure volonté. Là, c’est tout l’inverse, il avait l’impression d’abdiquer sa liberté.

C’est un caractère fort, un basque. Il ne renonce pas facilement à ses valeurs, il ne se soumet pas facilement. Mais là, il l’a fait pour nous. Je vois plus d’héroïsme et plus d’amour dans ce petit geste anodin que dans l’ensemble de nos onze ans de vie commune.

Il s’est donc sacrifié. Notre vie est donc revenue à la normale, plus ou moins. « La vie d’avant » comme ils disent à la TV quand ils nous narguent en promettant de nous rendre ce qu’ils ont eux-mêmes arraché… Mais je ne suis pas idiote, je sais très bien que ce n’est pas exactement comme avant. Mon mari n’oubliera jamais cela. Pour lui, c’est une trahison de l’armée et de l’État. Il me l’a dit une fois :

« Tu sais, je l’ai fait, mais un jour je laverai mon honneur et je prendrai ma revanche. Je trouverai un moyen de leur faire payer ce qu’ils m’ont forcé à faire et ce qu’ils forcent les gens à faire ».

Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je n’ai pas envie de savoir. Je lui fais confiance, c’est un père de famille fort et un bon mari. Il m’a prouvé qu’il était responsable et qu’il prendrait soin de nous, je sais qu’il ne fera pas de bêtise.

Mais je sais que pour lui, ça va rester comme une marque, comme une blessure. Comme le tatouage d’un esclave. Je le connais assez pour savoir qu’il est capable de vivre avec, mais qu’il tiendra parole et qu’un jour il aura sa revanche, quelque soit la forme. J’ai déjà vu des vidéos de mon mari avec son stick [unité] au stand de tir, et je me suis dit « Purée, n’aimerai pas être la femme du terroriste malien qui va se retrouver face à mon mari ». Aujourd’hui, je me dis « Purée, je n’aimerai pas être la femme de ces hommes qui ont pris ces décisions et qui ont mis mon mari en colère ».

Ce qui est certain, c’est que notre gouvernement a pris une très mauvaise décision en décidant d’acculer les gens face à la vaccination. Je ne suis pas une grande philosophe, mais il me semble évident que la question finalement n’a plus rien à voir avec le vaccin en tant que produit médical. Je crois que c’est plus une question d’honneur, de valeurs, de libertés. Bien sûr, il y a aussi le problème du vaccin en lui même. Mais enfin de compte, le vrai dilemme, c’est que des gens refusent de se soumettre à un impératif qu’ils jugent illégitime et donc illégal. C’est vieux comme le monde, c’est Antigone et c’est Blandine.

En agissant comme ça, le gouvernement a marché sur la queue d’un lion endormi. La France a beaucoup de défauts, les Français ont beaucoup de défauts. Mais je crois que les Français, et particulièrement les hommes français, ont aussi beaucoup de qualités. Et d’abord la première d’entre elles : un Français aime sa femme et ses enfants. Acculer un père de famille et un mari, en menaçant le centre de son monde, ce n’est jamais une bonne solution. Ce n’est pas une idée très adroite. Or des familles comme la mienne, poussées à bout, il y en a des centaines de milliers. Dans l’armée bien sûr. Mais dans toute la France aussi, dans la fonction publique, chez les petits travailleurs. Partout.

Je ne sais pas où cela va nous conduire. Je pense qu’on est encore loin d’avoir tout vu. La vaccination obligatoire des militaires et des soignants risque de toucher toute la population à mon avis. Ou peut être pas. Je ne sais pas. Mais je pense que le gouvernement est allé trop loin pour reculer. Nous sommes dans une sorte de lutte à mort maintenant. Eux contre nous. Et comme je le disais, quand je vois la force de caractère de mon mari, je n’aimerai pas être dans le camp d’en face…

Je ne sais pas quoi rajouter de plus, si ce n’est que vous devez tenir bon. Aux hommes, n’ayez pas peurs d’être ce que vous êtes et de défendre ce que vous aimez et ceux que vous aimez. Aux femmes, rappelez vous que votre premier devoir c’est de défendre la vie. Si vous vous posez des questions existentielles et des dilemmes moraux, ça vous aidera peut être.

*

Conclusion

Nous avons choisi de laisser la parole à ces hommes et ces femmes sans en retrancher un mot. Nous ne prétendons pas que ces paroles représentent un sentiment majoritaire dans la population ou dans nos armées. Mais ces paroles représentent un sentiment et un état d’esprit qui existe et qui est très loin d’être anecdotique. C’est un fait.

En donnant la parole à ces personnes, nous souhaitions donner une tribune « hors cadre » à des gens que l’on entend pas souvent s’exprimer et dont, pourtant, la parole est particulièrement importante pour les Français. Les Français aiment leur armée. Ou au moins, ils la respectent et lui donnent du crédit. Le fait que notre gouvernement et nos médias fassent un blackout complet sur le mouvement de défiance qui agite l’armée est problématique. Les Français ont le droit et ont le besoin de savoir quel est le sentiment au sein de leur armée. Aujourd’hui, nous leur permettons d’y avoir accès.

Quoi que l’on pense des points de vue exprimés dans ces petites interviews, ce qui ressort de tout ça est assez facile à résumer : la politique de vaccination voulue par le gouvernement français cause des divisions profondes et des dilemmes moraux importants chez les personnes, poussant certains à accomplir des actes illégaux, d’autres à remettre leur patriotisme en cause, et d’autres à se « soumettre » à l’impératif vaccinal tout en nourrissant depuis une amertume revancharde.

Il apparaît aussi de façon évidente que la question du vaccin est aujourd’hui tout sauf une question médicale. De facto, elle est devenue pour une grande partie de la population une question purement politique. Les opposants à la vaccination obligatoire ont des raisons multiples de tenir cette position. Mais pour beaucoup, le principal socle de leur position repose sur le constat que le COVID n’est pas un danger sanitaire, mais que c’est à l’inverse un prétexte politique pour accomplir des changements sociaux. Un prétexte politique qui s’appuie sur le vaccin comme moyen symbolique de diviser la société entre ceux qui se soumettent volontairement, ceux qui se soumettent par dépit et ceux qui refusent de se soumettre.

Cette vision peut certainement être contestée pour son simplisme excessif. Mais cette vision existe et est destinée à se répandre de plus en plus à mesure que le gouvernement français (et les autres gouvernements du monde) apportent une réponse purement politique à un problème sanitaire. Agissant de la sorte, ils nourrissent la vision exposée dans le paragraphe précédent.

Ce qui est certain, c’est que la France, à l’image de ses voisins, n’a jamais été aussi divisée, avec des clivages transversaux qui agitent les familles, les professions, les cercles d’amis. Le gouvernement a-t-il conscience que cette politique de polarisation aura des séquelles, peut-être irréversibles ? Rien n’est moins sûr. Les dirigeants français semblent assumer la logique du rapport de force, et nous le voyons, des civils et des militaires semblent prêts à entrer dans cette logique aussi, à faire face.

Le temps de la cohésion nationale nous paraît aussi loin derrière que le temps de l’apaisement nous paraît loin devant.

source : T.me/GalliaDaily

Il existe aussi une version en anglais ici.

Via : https://reseauinternational.net/interview-avec-les-militaires-anti-vax-je-suis-un-soldat-et-mon-pays-ne-veut-plus-de-moi-car-je-refuse-le-vaccin/

Louis Fouché : « Le système de santé est en train de s’effondrer »

par Victor Lefebvre.

Fraîchement débarqué de l’AP-HM Marseille, le Dr Louis Fouché réplique. Devant les caméras de Sputnik, il s’en prend à ceux qui veulent « détruire l’hôpital public » au profit des multinationales. Entretien.

Le docteur Louis Fouché est-il devenu une forme de « gourou » ? Très décrié par bon nombre de ses pairs depuis le début de la crise sanitaire, le médecin anesthésiste-réanimateur vient de quitter officiellement l’AP-HM Marseille.

Louis Fouché a choisi de se mettre lui-même en disponibilité auprès de l’hôpital de la Conception après que l’établissement marseillais l’a menacé de prendre des sanctions disciplinaires en raison de ses positions « à l’opposé [de nos] principes moraux, éthiques, déontologiques et scientifiques ».

Pour le principal intéressé, il s’agit là d’un « procès politique » intenté contre lui.

« Ça n’a rien à voir avec le soin. Tout le monde reconnaît de manière unanime que je suis un très bon médecin. Je fais mon travail avec dévotion pour les patients », plaide Louis Fouché devant les caméras de Sputnik.

Dans son livre « Tous résistants dans l’âme » (éd. Guy Trédaniel), qui vient de paraître, le fondateur du collectif Réinfocovid dénonce les effets pervers du néolibéralisme appliqué au système de santé français. Au point qu’il serait selon lui « en train de s’effondrer ». Rien que cela.

« La logique qui prévaut est la destruction de l’hôpital public et de l’ensemble des services publics, pour les remplacer progressivement par des émanations des multinationales et des partenariats public-privé », accuse le Dr Fouché.

source : https://fr.sputniknews.com
via : https://reseauinternational.net

Inhumanité ordinaire dans la France de 2021

Écrit par Dr Urmie Ray B.A., M.A., Mmath, Ph.d. Cantab

Un grand et célèbre lycée parisien, en bas de la rue où j’habite. Nous sommes le jeudi 30 septembre après-midi. À partir d’aujourd’hui, tous les jeunes de 12 à 15 ans devront être munis d’un pass pour participer aux activités extra-scolaires, y compris les sorties scolaires.

Depuis le début du mois, les écoles harcèlent quotidiennement les parents par de multiples SMS pour qu’ils fassent vacciner leurs enfants. Rares sont ceux qui ont résisté jusqu’à présent.

Un garçon asthmatique de 14 ans fait une réaction allergique à un produit chimique répandu accidentellement sur ses vêtements. Il demande la permission de baisser le masque, obligatoire pour tous les enfants scolarisés à partir de 6 ans. Les heures d’école sont longues en France et il est presque impossible de trouver un médecin qui signera une exemption pour l’asthme ou toute autre raison médicale. L’autorisation est refusée. Il est emmené dans le bureau de la conseillère principale d’éducation (CPE). Celle-ci téléphone à son père, à qui elle demande, avant de lui dire quoi que ce soit, si son fils est vacciné. Suite à sa réponse négative, elle refuse que le garçon reste dans son bureau et le fait conduire dans la cour de récréation. Elle refuse la demande du père qui souhaite que son fils s’assoie près d’une fenêtre. Le garçon a du mal à respirer – un sifflement audible accompagne chacune de ses respirations. Il doit attendre son père debout dans le froid.

La scène se poursuit au service des urgences de l’un des hôpitaux les plus réputés de la région, où le père a conduit son fils. À l’admission, la première question posée est de savoir si le fils est vacciné. Comme il ne l’est pas, ils sont envoyés au fin fond des urgences, dans une zone éloignée du grand public. Le médecin dit qu’il s’agit peut-être du covid. Le père insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de cela, mais d’une réaction asthmatique à laquelle son fils est sujet. Néanmoins, le médecin leur dit que s’ils ne sont pas autorisés à effectuer le test PCR complet (nez et gorge) sur le garçon, ils ne l’examineront pas. C’est la règle pour tous les enfants. Le test est donc effectué sur un garçon qui fait une grave crise d’asthme, si grave qu’après le test, l’hôpital est obligé d’administrer de l’oxygène à haut débit pendant trois heures, et non pas pendant une heure comme lors des crises précédentes. L’hôpital diagnostique une crise d’asthme particulièrement grave due à une allergie aux produits chimiques.

Lorsque le père téléphone à la CPE pour lui dire que le médecin a accordé à son fils trois jours de repos complet à la maison, la CPE n’a d’autre réponse que d’insister pour que le fils soit vacciné, et de faire peur au père s’il ne s’exécute pas.

Le 13 octobre, le Sénat examinera le projet de loi sur la vaccination obligatoire présenté par le parti socialiste. Hier, le 6 octobre, il a été refusé par la Commission des affaires sociales, et il est donc peu probable qu’il soit accepté maintenant. Mais hier, au même moment, la Haute Autorité de Santé qui est notamment chargée d’accréditer les professionnels de santé, a recommandé une 3ème dose du vaccin Pfizer pour eux. Ils sont déjà soumis à l’obligation vaccinale depuis le début du mois d’août. Le projet de loi pourrait donc être adopté ultérieurement.

En attendant, toujours le 13 octobre, le gouvernement présentera en Conseil des ministres un projet de loi permettant de prolonger les mesures sanitaires, dont le pass, jusqu’à l’été 2022. Actuellement, ces mesures ne tiennent que jusqu’au 15 novembre. Un projet de loi a déjà été envoyé au Conseil constitutionnel – la plus haute autorité constitutionnelle du pays – qui est composé d’anciens présidents et de hauts responsables politiques et qui, au cours des derniers mois, a interrompu l’audience d’un important procès intenté contre l’État concernant les politiques actuelles.

À partir du 15 octobre, sans prescription médicale, les tests antigéniques et PCR coûteront entre 22 et 30 euros pour le premier et 44 euros pour le second, mais uniquement pour les adultes non vaccinés. Jusqu’à présent, ils étaient gratuits pour tous. Les personnes non contaminées en ont besoin pour obtenir le laissez-passer, sans lequel de nombreuses activités essentielles sont interdites, comme la fréquentation des hôpitaux, de certains lieux de travail ou l’utilisation des transports publics longue distance. Les résultats du test ne sont valables que trois jours. Cela peut inciter de nombreuses personnes à se faire administrer la deuxième dose afin d’obtenir le laissez-passer, ou même éventuellement la troisième, pour éviter de perdre leur laissez-passer à l’avenir, comme en Israël.

Selon les chiffres de l’Union européenne, plus de 93 % de tous les adultes en France se sont fait vacciner au moins une fois, et plus de 82 % au moins deux fois. Avant le 12 juillet, date à laquelle le président de la République a informé la nation de l’arrivée du laissez-passer obligatoire, environ 68 % des personnes avaient été contrôlées une fois et 48 % deux fois.

Source : https://principia-scientific.com/ordinary-inhumanity-in-2021-france/
Traduction cv19

Le témoignage capital d’un directeur des pompes funèbres

Le témoignage de cet homme, directeur d’une entreprise de pompes funèbres, est tout aussi important que courageux.

À faire largement circuler.

Le témoignage d’un directeur de pompes funèbres

Source : http://www.urantia-gaia.info/2021/09/21/un-temoignage-capital/#more-9853

Via : https://reseauinternational.net/un-temoignage-capital/

SOS

Je vis en Nouvelle Calédonie. Le pays est Covid free depuis le début de cette crise.

Quelques cas ont été détectés ça et là dans le temps mais comme une quatorzaine est instaurée depuis 2 ans, nous étions tranquilles. Puis jeudi dernier, le gouvernement a voté la vaccination obligatoire pour tous les majeurs résidants sur le territoire. Et bien-sur, hier, 3 cas Delta locaux, issus d’un squat à Nouméa sont apparus.

Tous les 3 vaccinés et n’ayant pas voyagé du tout. Alors il se passe quoi ici ? Le vaccin a infecté la population donc et en plus on nous l’impose comme dans une misérable dictature!

Nous avons manifesté pour réclamer notre droit à la liberté vaccinale samedi, nous étions 6000. Nous entrons en confinement ce jour. Je vais résister, mon Mari va résister aussi longtemps qu’on le pourra, mais concrètement quelles sont nos options là maintenant ? Je n’ai pas peur du virus, au contraire plus vite nous l’aurons eu, plus vite nous serons immunisés.

Par contre ce vaccin, je le fuirais comme la peste le plus longtemps possible !!!

HELP Réinfo covid, parle de nous au reste du monde, de ce petit caillou du Pacifique, pris en otage par son Institution et qui prouve les effets du vaccin.

Une autre histoire aurait pu s’écrire ici avec toi mais c’est encore l’appât du gain et l’aveuglement qui l’emportent.

Aline.

Source : https://reinfocovid.fr/temoignage/sos/

Le jour où j’ai compris la supercherie

Dans un contexte dominé par la terreur, la peur, lorsque le vaccin est apparu, inondé par les informations toutes plus alarmistes les unes que les autres, j’ai vu du soleil, même si je me disais “comment est-ce possible, si simple, si vite ?”. Mais comme 100% des médias disaient c’est formidable et que “il n’existe que cela”…

Ma mère, 87 ans, était inquiète, impossible d’avoir un RDV par téléphone pour avoir “son vaccin”. Je prends rendez-vous pour elle par internet. Elle est rassurée. Elle prend sa 1ere dose, puis la deuxième…qui la fatigue beaucoup quelques jours…

Puis elle appelle : elle est chez elle, essaie de colmater une hémorragie nasale sans succès. Appel des pompiers. Le médecin présent lui demande ce qui se passe. “Je crois que c’est un vaccin, en 87 ans je n’ai jamais saigné du nez”. “C’est lequel ? “Cominarrty” répond-elle. “Ah, oui, ça ne m’étonne pas”.

Aux urgences, une grosse mèche dans le nez, très douloureuse. Ramenée chez elle, une heure plus tard, 2ème hémorragie, sa petite fille arrive, une flaque de sang par terre, tout se déverse par l’autre narine : pompiers, retour à l’hôpital où l’on met une deuxième mèche en expliquant que cela aurait dû être fait avant… ?

Sa petite fille la récupère debout, accolée à un mur dans le couloir d’entrée. Il y a le COVID, faut pas rester là… Je la récupère car j’habite loin pour la surveiller le week-end, le sang coule, elle prie, elle pense qu’elle va mourir.

J’essaie de refaire des mèches…ça ne tient pas, trop de sang et dès qu’elle touche, ça part. Je vais dans le plus grand hôpital du département. D’abord aux vaccinations. Un monsieur est en train de rassurer les futurs vaccinés “vous verrez, c’est sûr à 99%”.

“Bonjour, je suis les 1%” . “Pardon?” “Oui ma mère est assise là et elle fait des hémorragies depuis sa vaccination, que fait-on ?”. “Le médecin m’attrape vite le bras devant les futurs vaccinés inquiets…”Mais monsieur, il faut aller aux urgences, ici on ne s’occupe pas de cela”.

A l’autre bout de l’hôpital les urgences, il faut attendre pour faire l’admission. J’explique. La personne qui fait l’admission lève les bras au ciel “Et encore une de plus, ça n’arrête pas, et dire qu’ils veulent que nous, on se vaccine ! Ca risque pas !!!”. Et il donne un coup de coude à sa collègue : “T’as vu ? Encore une Pfizer !“. Les mèches sont refaites, 18 de tension on donne donc un médicament pour faire tomber la tension, l’hémorragie se calme.

Je réclame un bilan sanguin, il faut insister, mais il est fait et on repart. Finalement, qu’est-ce que cela veut dire ? J’appelle la pharmacovigilance, il faut saisir un formulaire compliqué. “Vous ne l’avez pas dans vos données?”  “Non, il faut le saisir vous-même”. Je fais le dossier sur internet et rappelle. “Pourriez-vous me dire si vous avez eu beaucoup de cas et si vous avez une solution “? “Non le cas de votre maman on n’a pas vu et il faut qu’elle voie son médecin”.

Mais alors ces fameux centres de pharmacovigilances qui alimentent l’ANSM des cas graves, si l’hôpital ne fournit pas les données, si l’interne dit qu’il ne voit passer que cela alors que le centre de pharmacovigilance n’est qu’à 300 mètres dans le même hôpital….Qu’est-ce que cela veut dire sur la validité des données que l’on communique ? Qu’arrive-t-il aux personnes qui ont des effets graves, vu qu’on leur dit “circulez allez voir votre médecin” ????

Son médecin :”Oh à votre âge il faut prendre ces médicaments toute votre vie, c’est plus sûr”. “Mais je n’en ai jamais eu besoin avant, je ne peux pas arrêter au bout d’un mois ou 2”. “Non c’est dangereux” ………?????

Nous avons effectivement basculé dans un autre monde, le monde du vaccin incontestable, celui qui ne doit pas poser de problèmes. S’il en pose, il faut cacher les victimes, ne pas les comptabiliser, si elles meurent en silence c’est même mieux. De toute façon elles gênent le “progrès”, celui qui est “en marche”. Si on ne répond pas bien au vaccin, si on le conteste on ne marche pas.

Depuis c’est un combat, car même avec ce témoignage, on peine à convaincre de la dangerosité. Je ne suis même pas arrivé à convaincre mes enfants. L’un est allé, angoissé, dans un centre car il avait peur qu’on lui interdise d’aller enseigner aux enfants à la rentrée et faire sa première année de professeur…Dans le centre on demande “Pour quelle raison venez-vous ?” “Pour le PASS”. “Ah, oui, c’est le cas de tous ceux que j’ai vu aujourd’hui”.

Il était le 1000eme piqué de la journée.

“Il faut remplir et signer le formulaire de consentement”. Consentement de quoi, pour quoi et pour qui ? Pour dire que l’on accepte ce que l’on nous impose ? Quelle est cette mascarade ? Pour que l’Etat se décharge de toute responsabilité ?

Il ne soigne déjà plus les malades du vaccin, il ne les reconnaît même pas, il dit qu’elles n’existent pas ! Et que dire des dizaines de millions pour payer les vigiles des hôpitaux payés pour empêcher des malades d’entrer à l’hôpital.

Nous avons en quelques mois inventé le PASS de la HONTE.

Alors résistons à ce monde dirigé par toute cette cruauté, pour nous, pour nos enfants, pour l’avenir de l’humanité, pour rester libre et pouvoir avoir des choix.

Alain M.

Source : https://reinfocovid.fr/temoignage/le-jour-ou-jai-compris-la-supercherie/

“L’homme le plus intelligent du monde” analyse le programme de vaccination de l’élite mondiale

L’une des personnes les plus intelligentes au monde s’élève contre la vaccination Covid-19, affirmant que l’élite mondiale à l’origine de la campagne de vaccination n’a probablement pas à cœur les intérêts de l’humanité.

La plupart des gens ignorent tout de l’éleveur de chevaux du Missouri Christopher Langan, 69 ans, qui a travaillé comme ouvrier du bâtiment et videur dans un bar pendant près de 20 ans.

Cependant, un article paru dans Esquire en 1999 a rendu Langan célèbre, en le décrivant à l’époque comme “l’homme le plus intelligent d’Amérique”, avec un QI d’environ 200.

Une interview de Lagan réalisée en 2019 par “Spike Jonze” (Adam Spiegel) vous permettra de comprendre à quel niveau se situe cet homme.

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Depuis, M. Langan a fait l’objet d’un reportage dans l’émission “20/20” d’ABC, et son intelligence a été largement documentée compte tenu de son passé inhabituel.

Actuellement, il s’est lancé dans un projet baptisé “Modèle cognitivo-théorique de l’univers (CTMU)”, qui tente de mettre en évidence le “lien entre l’esprit et la réalité” et d’expliquer l’existence de Dieu par les mathématiques.

C’est dans un groupe Facebook consacré au CTMU que M. Langan a démoli la semaine dernière la campagne mondiale de vaccination contre le virus Covid-19 comme seul un génie pouvait le faire.

Selon Langan, le plan de vaccination de l’élite mondiale n’est probablement pas une élimination (immédiate), mais une stérilisation progressive de la population afin de maintenir la supériorité de la classe dirigeante sur les masses abruties.

Lisez la discussion de Langan avec les membres du groupe CTMU ci-dessous, transcrite à partir de captures d’écran Facebook :

Commentaire : “Je me suis demandé s’il n’y avait pas une motivation négative derrière le [email protected] Si j’étais un oligarque sociopathe et que je pensais que l’humanité devait être réduite massivement pour protéger la Terre, est-ce que j’utiliserais le vax pour provoquer une mort massive ou une stérilisation massive ? L’une ou l’autre de ces approches provoquerait d’énormes bouleversements, mais la stérilisation de masse serait celle qui causerait le moins de perturbations.”

Réponse : Premièrement, selon la définition habituelle du terme “vaccin”, les injections actuelles ne sont pas des “vaccins”. Elles ne sont qu’une autre souche de technologie dangereuse que la superclasse parasitaire finance et utilise dans le but de dominer et de contrôler le monde.

Une extinction massive de la population humaine serait traumatisante et menacerait le statu quo. Si la population humaine s’effondre et que l’économie suit le mouvement, l’élite n’aura rien, aucune supériorité innée ou capacité d’adaptation, qui pourrait la protéger et contribuer à sa survie. C’est pourquoi elle préfère la stérilisation de masse et un déclin démographique plus lent (mais toujours rapide).

Évidemment, la superclasse parasitaire s’inquiète de la destruction de son environnement par la surpopulation humaine. Malheureusement, elle a raison sur ce point : alors que la Terre et ses ressources sont limitées, la croissance démographique est exponentielle. Mais il y a au moins trois problèmes majeurs dans leur approche.

(1) Au lieu d’aborder le contrôle de la population de la bonne manière, en améliorant la population par l’éducation et l’hygiène génétique, en faisant appel à ce qu’il y a de meilleur dans l’espèce humaine et en la convainquant de contrôler son propre comportement reproductif pour son propre bien et celui de la Terre, ils préfèrent mentir et se faufiler dans le dos de tout le monde, en nous escroquant et en nous menaçant de nous faire “vacciner” sous de faux prétextes. D’où leur négligence flagrante du Logos. Au lieu d’améliorer l’humanité, ils la dégradent, en s’appuyant sur une combinaison d’ignorance publique, de confiance mal placée, et d’idées et d’idéologies sans issue comme l’athéisme, le matérialisme, le communisme, le multiculturalisme et la “diversification” ethnique forcée, la “gouvernance mondiale” tyrannique pour amener l’humanité à se conformer.

(2) Alors que l’élite mondiale veut désespérément le contrôle total de la planète et de sa population humaine, elle n’est ni assez intelligente ni assez bonne moralement pour le mériter, et n’a aucune idée de la manière de l’utiliser correctement à l’avantage de l’espèce humaine et de la planète dans son ensemble.

(3) Cela se reflète dans le fait que leur programme de contrôle se limite au contrôle de la quantité et exclut totalement le contrôle de la qualité. Ils supposent que toute la véritable richesse génétique de l’humanité réside en eux, malgré leur manque flagrant de mérite (génie, rectitude morale). Souscrivant à une idée dépassée appelée “darwinisme social”, ils supposent simplement que tous les autres, même s’ils sont meilleurs et plus intelligents, sont inférieurs et remplaçables et devraient être soit éliminés, soit stérilisés, soit descendus, déracinés et fondus dans une vaste race d’esclaves de couleur moka pour la commodité de l’élite.

En bref, en se remplissant les poches et en bousculant tout le monde, l’élite se considère comme une “race maîtresse”, une sorte d’association mondiale d’élevage pour laquelle le reste de l’espèce n’est rien d’autre qu’un troupeau de bovins dociles à élever pour la servilité et tout juste assez d’intelligence pour suivre les ordres. Cela a été clairement et irréfutablement documenté, par exemple, par le programme de “génocide des Blancs” décrit il y a un siècle par R.N. Coudenhove-Kalergi, financé à l’origine par les Rothschild, les Warburg et d’autres banquiers internationaux, et qui fait maintenant l’objet d’une politique internationale dans tout le monde occidental.

Il est facile de voir où cela mène, et ce n’est bon nulle part. Personnellement, je suis prêt, si nécessaire, à infliger des blessures physiques graves à toute personne qui tenterait de me faire subir une de ces injections, et il devrait en être de même pour toute autre personne qui se respecte.

Q : “Pourquoi les propriétaires de la Plantation Mondiale voudraient-ils tuer ou réduire la fertilité de leurs sujets les plus soumis et les plus obéissants ?”

R : Vous ne comprenez peut-être pas tout à fait. Résister au “vaccin” permet à l’élite de vous identifier comme quelqu’un qu’il vaut mieux tuer et qui est donc éligible à la “vaccination prioritaire.” 😉

De plus, ils pensent qu’ils peuvent forcer tout le monde à prendre le “vaccin”, donc c’est discutable. Prenez-le maintenant, et vous pourrez être zombifié et asservi en tant que cyborg chimique ; ne le prenez pas, et vous serez prêt à être abattu, sans avoir besoin de “vaccin”. Tous les esclaves “valables” qui meurent immédiatement sont des dommages collatéraux acceptables ; de plus, chaque mort sert l’agenda de la dépopulation. (Ne supposez jamais que ces accros du contrôle n’ont pas calculé chaque mouvement qu’ils font pour sa valeur “pile nous gagnons, face vous perdez”. Même lorsqu’ils ne savent pas distinguer leur cul de leur coude, ce qui est assez souvent le cas, c’est leur principal critère politique).

Rappelez-vous, l’élite suppose qu’elle est la crème-de-la-crème génétique, et suppose que tous les autres sont des déchets génétiquement inférieurs et donc finalement sensibles à leurs techniques de contrôle mental. Il s’agit d’une opération de masse dans laquelle l’erreur humaine rend impossible une sélection efficace de la “qualité”, que celle-ci soit définie par le mérite objectif ou par la possibilité de servir la classe supérieure parasitaire.

Dans la vision élitaire du monde, seule l’élite est “élite”. Tous les autres sont de la merde et donc sacrifiables.

Le “darwinisme social” est leur justification absolue de leur propre pouvoir, et ils croient nécessairement qu’aucune personne assez stupide pour prendre ce faux vaccin contre le coronavirus ne peut être digne d’être préservée, tandis qu’ils pensent également que toute personne qui refuse le vaccin mérite d’être raflée et tuée.

Pile, je gagne, face tu perds.

Sources : https://www.newswars.com/smartest-man-in-america-breaks-down-global-elites-vaccine-sterilization-agenda/
https://www.youtube.com/watch?v=sKB4wAqMKRQ

Traduction et sous-titres : https://cv19.fr

“Revenez lorsque vous ferez une hémorragie”

Je voudrai partager ici le témoignage de l’épreuve que je compte parmi les plus dures de mon existence toute entière.

C’est l’histoire d’une jeune maman comme tant d’autre, d’une merveilleuse petite fille de deux ans, une maman sportive, passionnée de voyage dans la vie d’avant qui apprend qu’elle est enceinte d’un deuxième enfant, qui entend battre le cœur de son enfant pour la première fois en janvier 2021 et qui se réjouit jour après jour malgré la peur d’engendrer une vie dans ce monde à la dérive où la liberté n’existe plus.

Un matin un peu de sang commence à couler, puis chaque jour un peu plus avant que cette maman se rende à l’hôpital pour n’entendre qu’un long bruit sourd à la place du cœur de ce bébé qu’elle commençait à aimer. N’importe quel être humain peut comprendre la douleur de ce moment à trois mois de grossesse. La clinique l’informe qu’il faut planifier un curetage afin d’éviter le risque d’hémorragie, le curetage est planifié le lendemain, en urgence, mais au moment de récupérer le dossier administratif, le cauchemar a pris une tournure d’enfer.

La secrétaire est catégorique, il faut un test pcr pour pouvoir passer au bloc. J’informe de mon refus en invoquant le code de la santé pourtant clair “aucun acte médical ne peut être pratiqué sans un consentement libre et éclairé”, celle-ci désabusée, me renvoit vers l’anesthésiste, apparemment le seul décisionnaire de savoir si oui ou non je pourrai être opérée. Mon entrevue avec lui fut digne d’un film de science-fiction, il m’a conseillé de revenir lorsque je ferai une hémorragie car là je serai en urgence vitale et donc qu’ils seraient obligés de m’opérer.

Je lui ai demandé si je faisais ce test et qu’il était positif, vous devriez tout de même m’opérer non ? Il a répondu oui. J’ai demandé à quoi servait le test, il m’a mise dehors en me traitant de complotiste. Mon entrevue qui a suivi avec la directrice de la clinique n’a pas été meilleure, elle m’a conseillé de porter plainte car il était impensable que je ne veuille pas prendre soin des gens qui allaient me soigner.

J’ai été à la gendarmerie pour déposer plainte, le gendarme a refusé de prendre ma plainte car “il avait des directives quand il s’agissait du covid, il ne prenait pas la plainte”.
Le lendemain j’ai écrit en LRAR à l’assurance maladie, l’ARS et la clinique afin de dénoncer ce refus de soin/chantage au soin par écrit.

J’ai eu immédiatement gain de cause car la loi est encore à ce jour supérieure à l’idéologie.
J’ai rappelé la gendarmerie avec le code pénal sous les yeux, le gendarme a bégayé et m’a demandé de repasser pour prendre cette fois ma plainte.

Mon opération a pu être programmée.

On m’a laissé 5 semaines avec un bébé mort dans le ventre, c’était le 17 février. Aujourd’hui je pense souvent à cette petite âme mais le trauma d’avoir été un cercueil pendant 5 semaines ne partira jamais.

Aucune étude à ce jour ne prouve qu’un pcr positif fait de vous une personne contagieuse, un pcr négatif ne prouve pas non plus que vous ne venez pas d’être contaminé. Depuis quand faut-il justifier de sa santé avant d’avoir droit à une opération ?
Réveillez-vous, je vous en prie.

Samia Berrada

Source : https://reinfocovid.fr/temoignage/revenez-lorsque-vous-ferez-une-hemorragie/

Ils sortent leurs proches de l’Ehpad

Auteur(s): Pryska Ducoeurjoly, journaliste indépendante

Epuisées par l’attente interminable d’un allègement des restrictions, certaines familles prennent aujourd’hui la décision de sortir leur proche de la maison de retraite. Témoignages.

Depuis trois mois, Céline a repris sa mère à la maison après deux ans passés en Ehpad. « Les confinements à répétition, les parloirs, les privations de droits et de liberté ont largement motivé cette décision. Mais c’est aussi lié à l’absence de dialogue et de projets d’accompagnement, au refus de respecter le contrat de séjour et les droits de ma mère, à l’épuisement de ne pas pouvoir me faire entendre », explique la jeune femme de 36 ans, habitante du Var.

Cela fait maintenant un an que les 600 000 résidents des Ehpad sont soumis à des normes sanitaires plus strictes que le reste de la population sanitaire sans que les aspects éthiques ne pèsent dans la balance face à l’impératif sécuritaire. Prolonger la vie oui, mais à quel prix ? Dans une tribune du Figaro, parue le 6 février, les proches aidants dénoncent « un principe de précaution poussé à l’extrême ». Confinés avant les autres dès le 9 mars, déconfinés plus tardivement mais pas complètement, les résidents demeurent encore interdits de sortie ou confinés en chambre selon les établissements.

« Je me suis préparé psychologiquement »

Pierre vient donc de renouer avec son rôle d’aidant familial, déjà assumé pendant 8 ans, avant le placement de sa mère en Ehpad. Depuis mars 2020, il appelait matin et soir pour soutenir le moral de Janine, âgée de 91 ans. Au fil des mois, ce coaching téléphonique quotidien compensait de moins en moins le manque affectif. Le 27 février dernier, Pierre est donc venu chercher sa mère pour la ramener définitivement à la maison. Un grand moment d’émotion après 5 mois d’interdiction de sorties (voir la vidéo ci-dessous). « Je préfère mourir maintenant dans tes bras plutôt que de vivre plus longtemps là-bas », confirme Janine pendant les embrassades.

« Je me suis préparé psychologiquement car je sais tout le travail et les sacrifices personnels que cela représente. Il est absolument vital de cultiver une bonne attitude intérieure et de pouvoir compter sur une bonne équipe d’intervenants. Il faut aussi prendre des temps de repos et maintenir des activités personnelles pour ne pas s’épuiser. Si je vais bien, le moral de ma mère se porte bien aussi ! Cette prise en charge est un défi quotidien, qui met à l’épreuve nos limites, mais je remercie la vie de nous offrir cette expérience pour grandir ensemble dans la solidarité et l’amour. Je remercie tous ceux qui nous apportent leur aide, notamment ma famille et tous les amis présents à nos côtés ».

Janine quitte la maison de retraite :

« J’ai l’esprit beaucoup plus tranquille »

Pour Céline, la décision de reprendre avec elle Monique, âgée de 76 ans, a aussi nécessité une importante réflexion, un travail de préparation en amont pour la constitution d’une équipe mais également un changement de domicile personnel, pour tenir compte de la sécurité et de l’ergonomie de la personne dépendante. Un cheminement que ne peuvent pas faire tous les proches des résidents. « En octobre, les choses étaient claires pour moi, je devais tout faire pour sortir maman. Mais ce n’est qu’à la fin de l’année 2020, le 18 décembre, que j’ai enfin pu venir la chercher ».

Céline avait identifié au téléphone le syndrome de glissement mais, à la sortie, elle a découvert une situation plus grave : « Elle était dénutrie, avec de gros kystes aux reins, une insuffisance rénale aggravée et une hernie intestinale… Je regrette que, dans cet Ehpad comme dans le précédent, le suivi médical n’ait pas été à la hauteur, malgré un coût de 2700€ par mois… Aujourd’hui, ma mère va mieux. Je peux enfin assurer un accompagnement approprié. Bien que la charge de travail et l’organisation soit énorme, et malgré un contre-coup que je n’ai pas anticipé, j’ai l’esprit beaucoup plus tranquille et je me sens moins fatiguée. Et ma mère a pu éviter un troisième confinement en chambre, à nouveau décrété début 2021 dans son ancien Ehpad. »

L’univers des aidants familiaux

Pierre travaille à domicile et va donc pouvoir aménager ses plages de travail en fonction de l’emploi du temps de sa mère. Céline, pour sa part, a la chance d’avoir un employeur « très conciliant » avec son statut d’aidante, qui lui accorde une flexibilité dans les horaires. « Je conseille à tous ceux qui tentent cette expérience de se déclarer comme “aidant familial” car cela permet d’avoir le soutien de certaines structures[1]. Je leur conseille aussi de s’entourer d’intervenants à l’écoute, si possible formés à la santé de l’aidant. Il ne faut pas hésiter à changer si cela ne convient pas. La santé et le bien-être de l’aidant sont le pilier du dispositif à domicile. C’est nécessaire d’en avoir conscience si on veut tenir dans la durée ! »

Des Ehpad devenus prisons

Avec le recul, Céline estime que le mantra sanitaire « isoler pour protéger » a mis en danger la vie de sa mère : « Non seulement Monique a vécu deux confinements en chambre, délétères pour sa santé mentale, mais ses examens médicaux ont été annulés, comme son scanner. Elle a aussi passé 10 mois sans lunettes de vue et déclenché un début de cataracte. Impossible pour moi d’intervenir, et bien sûr, il ne m’a plus été possible de faire entrer dans l’établissement des accompagnants extérieurs comme l’art thérapeute et la sophrologue malgré le contrat d’accompagnement. Quant aux visites au parloir, je les ai évitées au maximum car il y avait une sono pour amplifier la conversation et en faire profiter tout l’établissement… Comment ma mère pouvait-elle me faire part des dysfonctionnements ? Où est l’intimité ? »

parloir.jpg

Au parloir de cet Ehpad du Var, le visiteur est dans le box. Un micro relié à une sono permet de s’entendre, mais sans confidentialité des échanges.

Pour Céline, l’heure est donc au soulagement : « Je n’ai plus à gérer à distance la santé de ma mère ni à composer avec une institution qui devient maltraitante, au sens de la définition du Conseil de l’Europe de 1987 [2]. Cette maltraitance touche aussi bien le personnel, les résidents et leurs familles. Un exemple parmi d’autres, j’ai découvert qu’on avait vacciné ma mère contre la grippe sans notre consentement, simplement parce que le médecin coordinateur l’avait décidé, sans même prévenir le médecin traitant. Ma protestation par courrier n’a reçu aucune réponse ».

Des familles impuissantes, usées moralement

A la différence de Céline, Françoise ne peut pas sortir son mari de l’Ehpad. Son statut d’aidante ne serait d’ailleurs pas officiellement reconnu, car elle est la conjointe de Jacques. « C’est à contrecœur que j’ai placé mon mari, âgé de 85 ans, en Ehpad. Il y est entré juste avant la crise sanitaire. Mais comment faire lorsqu’on est allé au bout de ses forces et qu’on n’est plus en capacité d’assumer ? Aujourd’hui, c’est émotionnellement très compliqué, pour lui comme pour moi. Si je pouvais, je le reprendrais. Concrètement, il faudrait trouver plusieurs personnes de confiance pour se relayer 24h sur 24. Ce n’est pas évident. Par ailleurs, l’hospitalisation à domicile coûte extrêmement cher. Nous sommes en pleine réflexion, mais actuellement, nous ne voyons aucune alternative pour soulager Jacques », déplore Françoise, 84 ans.

Comme beaucoup de familles, Françoise est confrontée à l’exclusion des proches aidants. « Cela use vraiment le moral. Nous pouvons voir les soignants serrer nos proches dans les bras mais, pour nous, cela reste interdit. C’est meurtrissant. Deux fois j’ai craqué au parloir et j’ai pris mon mari contre moi. Vaut-il mieux que Jacques meurt de manque affectif ou bien de maladie ? Tout le personnel de l’Ehpad a été déclaré positif et ils s’en sont tous sortis. Mon mari aussi. Mais s’il devait mourir aujourd’hui, dans l’état de santé qui est le sien, je ne dirais pas que c’est le covid qui l’a tué… »

Une logique de plus en plus comptable

Françoise ne pensait pas vivre une telle situation dans sa paisible contrée de Dordogne. « Dans l’Ehpad de ma belle-mère, qui comptait 40 personnes, nous avons connu une gestion familiale. Puis un jour un changement s’est produit. D’immenses travaux ont été effectués pour augmenter la capacité à 80 personnes. Le directeur a été remplacé par une femme plus portée sur l’administratif que sur le contact humain. On a vraiment l’impression que le grand âge devient une grosse affaire. Des groupes cotés en bourse investissent dans les maisons de retraite et appliquent froidement leur impératif de rentabilité. Malheureusement, cette logique semble désormais contaminer les établissements publics. On ne s’occupe plus vraiment d’accompagnement personnalisé. La crise sanitaire éclaire plus crûment cette dérive dans la prise en charge de nos personnes âgées ».

Alors qu’au niveau national les syndicats demandent depuis l’été 2020 la création de 200 000 emplois supplémentaires pour permettre aux Ehpad de mener correctement leur mission, nos aînés n’ont pas fini de payer la facture de l’abandon de l’Etat. Ils doivent aussi maintenant subir une nouvelle discrimination sanitaire, avec des sorties que le ministre de la Santé souhaite désormais conditionner à la vaccination

Une ligne d’écoute

L’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie en collaboration avec France Assos Santé (la voix des usagers) propose un service d’accompagnement d’écoute et de dialogue éthique (SAEDE) avec une ligne téléphonique dédiée (08 01 902 303) pour répondre aux situations difficiles et aux blocages entre les résidents ou leurs familles et les Ehpad. Si vous avez essayé ce service d’écoute, vos retours nous intéressent, en commentaires à la suite de cet article.
 

Pryska Ducoeurjoly est journaliste indépendante, spécialisée en santé.

Elle confie “Je suis également la conjointe de Pierre cité en témoignage. J’ai eu l’occasion d’être au plus près de la situation vécue dans les Ehpad et j‘ai ainsi pu filmer avec l’appui d’un professionnel la sortie de ma belle-mère, Janine. La charge mentale d’avoir un proche en souffrance en Ehpad est particulièrement difficile à vivre humainement. Même si je suis moins touchée que mon conjoint, la sortie de Janine est pour moi un soulagement car cela permet de reprendre la main sur une situation où je me sentais, comme beaucoup, impuissante”.

[1] N’hésitez pas à solliciter les associations, le Conseil départemental, le Centre communal d’action sociale, votre mutuelle, votre caisse de retraite et caisse de retraite complémentaire, les plateformes d’accompagnement et de répit. Voir aussi “Quelles sont les différentes formes possibles de rémunération pour le proche aidant ?

[2] « Une violence se caractérisant par « tout acte ou omission commis par une personne, s’il porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique ou à la liberté d’une autre personne ou compromet gravement le développement de sa personnalité et / ou nuit à sa sécurité financière. » Par exemple : défaut de soins de base, non-information sur les traitements ou les soins, abus de traitements sédatifs ou neuroleptiques, défaut de soins de rééducation, limitation de la liberté de la personne.

Lire aussi :

ARS, syndrome de l’étatisation sanitaire, France Soir, 15 juin 2020
Les Ehpad exténués par le confinement, Pryska Ducoeurjoly, 29 juin 2020

Auteur(s): Pryska Ducoeurjoly, journaliste indépendante
Source : https://www.francesoir.fr/societe-sante/ils-sortent-leurs-proches-de-lehpad-temoignages

Chasse aux sorcières dans les lycées

Je suis enseignante d’histoire géographie en lycée depuis 2014. J’ai toujours pratiqué mon métier avec passion et joie de vivre, mais depuis la rentrée de septembre, je vis une descente aux enfers.

En juin dernier, après le premier confinement, nous avons repris certains cours et j’ai fait partie des professeurs sélectionnés pour les jurys et les épreuves orales de rattrapage du baccalauréat. Le masque était supposément obligatoire, mais personne ne le portait (2 profs sur la trentaine d’enseignants convoqués, aucun des candidats). L’ambiance était assez détendue, malgré les deux mois de confinement qui venaient de s’achever, on ne sentait pas encore de pression sur le fait de se masquer ou pas.

A la rentrée de septembre, tout a changé. Lors de la réunion de rentrée, j’étais la seule enseignante de la salle à ne pas porter le masque. Ceci a suscité la réaction d’une collègue qui a interrompu la réunion pour demander au proviseur de faire appliquer le port du masque par TOUS les collègues (j’étais évidemment la personne visée). Par la suite, j’ai été convoquée par l’administration (dont j’ai appris entre temps qu’elle m’avait dénoncée au rectorat, à l’inspecteur d’académie, et tutti quanti…). J’ai expliqué que cette mesure m’inquiétait pour la santé des adolescents, car l’OMS relève un certain nombre de risques liés au port prolongé du masque, et que ces risques ne me semblent pas compatibles avec la poursuite d’une scolarité saine et épanouissante. Le médecin du rectorat aurait répondu que ce n’était pas vrai, qu’il n’y avait pas d’effets secondaires… Effarement de ma part. A tous les arguments scientifiques et légaux que j’ai pu développer, on n’a trouvé qu’une chose à me répondre : c’est comme ça, c’est la LOI, vous n’avez pas le choix, vous devez obéir. Autoritarisme pur et simple.

Alors que j’ai passé la toute première semaine de cours sans masque, les convocations et mails de menaces récurrents m’ont vite dissuadée de continuer à « faire ma rebelle », et je me suis mise à porter le masque, juste sous le nez, pour pouvoir à peu près respirer.

J’ai continué à recevoir des mails de menaces de ma hiérarchie, car mon port de masque n’était pas « réglementaire ». Je n’en ai pas vraiment tenu compte car je sentais bien que le port du masque jusque sous les yeux me fatigue, et que j’ai besoin de garder un minimum d’énergie, ne serait-ce que pour passer des soirées à peu près normales avec ma fille de trois ans.

A la fin des vacances de février, ma hiérarchie m’a fait suivre une lettre d’insultes écrite par des parents, m’accusant d’être « complotiste et malsaine », parce que j’avais fait une démonstration aux élèves de la classe sur le fait qu’en 2020, la mortalité générale toutes causes confondues n’était pas exceptionnellement élevée par rapport aux années précédentes, surtout une fois qu’on la rapporte au vieillissement de la population. Je précise que j’ai dû donner ces informations car lors d’un cours sur la croissance démographique, les élèves étaient en majorité convaincus que la population mondiale était en train de « bien descendre » du fait de l’épidémie (!) Ces deux parents étaient aussi particulièrement furieux du fait que je porte le masque sous le nez en classe (alors que leur enfant s’assoit au dernier rang, à une distance plus que réglementaire).
Mes supérieurs hiérarchiques ont transmis ce dossier au rectorat pour qu’ils décident d’éventuelles sanctions à mon égard, sans prendre la peine de me demander ma version des faits.

En tant que professeur d’histoire, je vois mon pays s’enfoncer chaque jour un peu plus dans l’obscurantisme. Les élèves qui essaient de respirer sont brisés (un de mes élèves de Seconde a écopé d’une journée d’exclusion pour port « non réglementaire » du masque lui aussi, alors que d’autres insultent littéralement leurs profs et sont sanctionnés moins sévèrement…). L’administration a clairement voulu faire un exemple. Les enseignants qui font de la résistance passive sont eux aussi brisés, considérés comme des délinquants ou des cas psychiatriques. Une collègue d’histoire a été convoquée par le psychiatre du rectorat pour avoir dévié un petit peu de la pensée unique, et j’ai eu vent d’autres cas de « psychiatrisation » de professeurs récalcitrants dans les lycées voisins.

La violence morale qui s’exerce sur les élèves et sur les enseignants est terrifiante. Le niveau de répression atteint dans les établissements scolaires me semble encore supérieur à celui que nous vivons dans le reste de pays, car certains adolescents n’ont pas de recul sur la situation et pratiquent une délation systématique de leurs camarades et de leurs enseignants.

Le simple fait de se plaindre du masque semble devenu synonyme de « complotisme » et d’un comportement déviant, à la limite de la sociopathie. Nous nous voyons reprocher le fait, en tant qu’enseignants, de contester ne serait-ce qu’une fois le port du masque, même si c’est pendant une récréation, même avec deux ou trois élèves, qui viennent nous voir justement pour vider leur sac. Tout est aussitôt répété, amplifié, déformé, et les rares enseignants qui voudraient venir en aide aux élèves sont empêchés de le faire.

Aujourd’hui je suis en arrêt de travail. J’essaie de me remettre de tous les abus que j’ai pu observer et qui me réveillent la nuit depuis des semaines. Je ressens du désespoir pour tous les enfants et tous les ados qui sont prisonniers de ce système, brimés en permanence par des enseignants et des personnels administratifs terrifiés par le virus, et surtout terrifiés par la pression hiérarchique.

A la fin tout le monde se tait, lessivé, mais il ne faut pas beaucoup de jugeotte pour voir que nombreux sont les élèves qui souffrent en silence.

Une enseignante qui a refusé de vendre son âme pour sauver sa carrière.

Source : https://reinfocovid.fr/temoignage/chasse-aux-sorcieres-dans-les-lycees/

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